Un million d'enseignants coincés
Un million d'enseignants coincés entre un président qui veut les précariser et des candidats nationalistes. Pourquoi la fin du CAPES et celle du statut de fonctionnaire ouvrent la porte à la corruption.
Il y aura un million d’électeurs (les enseignants) qui vont se retrouver coincés dans moins de 60 jours entre un candidat-président qui leur tape dessus depuis 5 ans et souhaite accentuer leur précarisation et des candidats nationalistes avec des discours et des idées rances.
Le concours du CAPES a bien des défauts mais c’est le moyen le plus juste et le plus méritocratique de distinguer les candidats. Le supprimer c’est accentuer une évolution déjà présente. En effet de nombreux étudiants ne souhaitent plus le passer pour éviter d’être nommés à l’autre bout de la France dans des quartiers (et des écoles) difficiles.
La fin de “l’emploi à vie” des fonctionnaires (5,6 millions de personnes) est dans la même logique. Mais repose sur un fond idéologique plus grave. Le fonctionnaire d’État a son emploi garanti pour lui permettre d’être libéré de la tutelle locale. Cela permet la continuité de l’État lors de crises graves. L’indépendance totale du fonctionnaire peut lui permettre d’appliquer les différents règlements hors de toute pression (pour le refus d’un permis de construire par exemple). Avec la fin de ce statut c’est un risque de corruption et de pression accrue sur les personnels. Et c’est tout sauf une bonne nouvelle.
De nombreux enseignants et fonctionnaires reprennent donc de plus en plus le discours du “tout sauf Macron” au risque de favoriser l’extrême droite. Les différents candidats de gauche passent l’essentiel de leur temps à se taper dessus espérant la destruction d’un parti rival pour récupérer les miettes.
Pendant ce temps c’est notre modèle étatique et social qui passe avec pertes et profits. Nous ne sommes collectivement pas à la hauteur des enjeux.




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