SYRIE: Sednaya
Si cette prison vous fait penser aux camps nazis, c'est normal : elle a un créateur, Aloïs Brunner, un des rouages de la Solution finale aux côtés d'Eichmann, chef du camp de Drancy. Réfugié en Syrie en 1954, il forma tous les chefs du renseignement et y installa la torture. Il est mort seul dans un cachot de Damas, tué par le système qu'il avait lui-même mis en place.

🇸🇾 Syrie :
Sednaya. Dernier artefact du Nazisme.
Si la prison de Sednaya vous fait penser à Auschwitz ou aux autres camps de concentration nazis c’est normal. Cela peut paraître surprenant mais la prison de Sednaya est sans doute la dernière réalisation concrète du Nazisme. Là aussi il y avait des crémations mais aussi de nouvelles réalisations comme ce “pressoir humain” ou les “salles de sel”. La machine de guerre nazie ne s’est pas arrêtée en 1945.
Cet abattoir humain n’est pas une réalisation venue de nulle part. Elle a un créateur dans le concept et dans la réalisation qui l’a rendu diaboliquement efficace comme machine à tuer. C’est Aloïs Brunner.
🔸Origines
Alois Brunner est né dans un autre monde. Il est né le 8 avril 1912 à Nádkút dans l’Empire austro-hongrois et est mort probablement en décembre 2001 à Damas, en Syrie.
🔸Rôle pendant la guerre
Il était un des rouages les plus importants de la Solution finale aux côtés d’Adolf Eichmann.
- Il est notamment l’instigateur de la déportation vers les camps d’extermination de 47 000 Juifs autrichiens ;
- De la déportation vers les camps d’extermination de 43 000 Juifs grecs (voir : « Histoire des Juifs à Salonique ») ;
- Il est chef du camp de Drancy, en France, il fait déporter 25 000 Juifs français ou résidents en France au départ de la gare de Bobigny vers Auschwitz principalement ;
il est également impliqué dans les rafles de Berlin et dans la déportation des enfants d’Izieu.
Lors de l’entrée des troupes soviétiques en Tchécoslovaquie, il prend une nouvelle identité, « Aloïs Schmaldienst » et réussit à se soustraire aux partisans tchèques, mais il est finalement interné dans un camp américain près de Vienne. Il semble que son identité soit confondue avec celle d’Anton Brunner, qui est exécuté, ce qui lui permet d’échapper aux Alliés.
🔸Après guerre
Il représente bien les paradoxes de l’après-guerre en Allemagne et ailleurs. Il vit une vie paisible à Essen malgré sa place de 1er criminel de guerre le plus recherché.
Petit à petit la pression monte. En 1953 il fuit en Egypte puis gagne la Syrie en 1954. Il est alors embauché là-bas sous le nom de Georg Fischer.
Brunner est condamné à mort par contumace par le Tribunal permanent des forces armées à Paris, le 3 mai 1954 (il fut à nouveau condamné en 2001 à la prison à perpétuité pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité).
Brunner est traqué. La période a changé. Bientôt Eichmann sera enlevé, jugé et exécuté à Jérusalem (1961-1962).
Il se convertit à la religion musulmane et se fait appeler « Ali Mohammed ». L’Allemagne et d’autres pays réclament sans succès son extradition.
En 1961 le Mossad le localise, lui envoie un colis piégé : deux agents de la poste de Damas sont tués, Brunner n’est que blessé (il perd un œil) bien qu’il soit donné mort par la police. Un autre colis piégé est envoyé en 1980, lui causant la perte de plusieurs doigts.
🔸L’ascension
En 1966, après le coup d’État qui porte le parti Baas au pouvoir, Alois Brunner commence à conseiller les services de sécurité syriens.
Le clan Assad devait éprouver de la sympathie pour celui qui, comme eux, éprouvait de la haine viscérale contre les Juifs. Cet ancien ingénieur de la solution finale transmet alors son savoir-faire et a contribué à la montée d’Hafez el-Assad au pouvoir.
Il prend encore plus d’importance en 1971 après le coup d’État qui place Hafez el-Assad à la tête de l’état. Selon ses anciens gardes de la sécurité d’État, il est allé voir directement Hafez al-Assad en se présentant comme un proche d’Hitler. Et c’est là qu’il a été désigné comme un de ses conseillers.
Il forme tous les chefs de renseignement syriens et aide à mettre en place la répression ainsi que des techniques de torture dans les prisons. Cet appareil s’érige sur un principe : tenir le pays par l’usage d’une terreur sans limites.
Dans une interview accordée au Chicago Sun-Times, Brunner déclare en 1987 à propos des Juifs exterminés : « Tous méritaient de mourir parce que c’étaient les envoyés du diable et des ordures humaines. Je n’ai aucun regret et je le referais ». En août 1987, Interpol lance contre lui un mandat d’arrêt international.
🔸La fin
En décembre 1999, des rumeurs font état de sa mort en 1996. Mais des journalistes allemands qui avaient fait un séjour en Syrie affirment qu’il est toujours vivant et qu’il réside à l’hôtel Méridien de Damas.
On annonce depuis fréquemment l’avoir revu ou son décès.
On connaît finalement la vérité en 2017.
Alois Brunner est mort dans un cachot à Damas en 2001 où il était enfermé depuis la fin des années 1990, après avoir été durant de longues années le protégé du régime de Hafez el-Assad.
Il est mort dans un cachot, seul, car il a été lâché par Bachar el-Assad. Tué par le système qu’il a lui-même mis en place.
(Certains passages sont issus de Wikipédia)




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