SEXISME: « Les hommes violents, ce sont toujours les autres »
Le bon père de famille a disparu des textes juridiques, mais la notion demeure dans notre culture. D'un côté ceux qui parfois dérapent, de l'autre les vrais monstres qui agressent à la nuit tombée. C'est cette distinction qui permet à un avocat d'assurer que ses clients sont « tout sauf des violeurs ».
Pour Christelle Leclerc et Malik Benakcha
Extrait : “Si le mot « bon père de famille » disparaît alors des textes juridiques, la notion demeure, dans notre culture, « l’incarnation de la raison, de la mesure et du juste », selon Rose Lamy. « Dans cette fiction sociale, ajoute-t-elle, les hommes violents, ce sont toujours les autres, les monstres, les fous, les étrangers, les marginaux. » D’un côté, les bons pères de famille, qui, certes, parfois, dérapent, étant « trop amoureux, trop lourds, trop malheureux, trop séducteurs, trop bourrés, trop jaloux, mais, croyez-les sur parole, jamais violents » ; de l’autre, les vrais monstres, qui agressent à la nuit tombée. C’est sans doute cette distinction qui explique les mots de l’un des avocats des accusés du procès de Mazan, Louis-Alain Lemaire, assurant sans sourciller que ses clients sont « tout sauf des violeurs ».”




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