Aller au contenu

Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Blois

Premier hommage aux morts de Signeulx

Le discours prononcé devant la plaque de la rue Signeulx. Le 22 août 1914 fut sans doute la journée la plus meurtrière de toute l'histoire de l'armée française — et on l'a oubliée, la propagande y ayant veillé.

Partager

Je suis fier d’avoir pu rendre hommage ce matin pour la première fois avec Christelle Leclerc et au nom de Marc Gricourt aux morts de Signeulx.

1200 Blésois sont morts en une seule journée. Près de 30 000 si on compte la totalité des combattants. C’est tout simplement la pire journée de toute l’histoire militaire française.

On les a oubliés car à l’époque la propagande faisait rage et on ne souhaitait désespérer la population.

Voici le discours prononcé
“Mesdames et Messieurs les représentants des administrations civiles et militaires,
Mesdames et Messieurs les Présidents et Représentants des Ordres nationaux, des Associations d’anciens combattants et victimes de guerre et des associations civiles,
Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs les Élus,
Mesdames et Messieurs, Chers concitoyens,

Suite à la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France au début du mois d’août 1914, les trois régiments de Blois (113e régiment d’infanterie, 313e régiment d’infanterie et 39e régiment d’infanterie territoriale) partirent pour le front le 5 août 1914.
Le 21 août 1914, alors que s’engage ce que l’on a appelé la guerre des frontières ou bataille de Charleroi, le 113e régiment d’infanterie combat pour la première fois avec l’ennemi. Dans cette région de Wallonie proche du grand-duché de Luxembourg.
Les Allemands sont alors déjà installés depuis une dizaine de jours et ont eu tout le loisir de renforcer leurs positions. Les soldats blésois arrivent eux avec leur courage mais peu d’entrainement. Le soir même les Allemands attaquent et ce premier combat qui dure jusqu’à 23 heures fait déjà de très nombreuses victimes. Le 22 août, au matin, dans un épais brouillard qui ne permet pas de voir au-delà de 50 mètres, les combats reprennent.

À deux reprises, le 113e se lance à l’assaut des lignes. Mais, soutenus par leur artillerie installée sur les hauteurs, les Allemands pilonnent l’armée française. Vers midi, le général Brisset commande la retraite. Jusqu’au soir, les Français tentent de se replier en bon ordre. Mais au soir les pertes sont terribles. Fort de 3 200 hommes partis de Blois, le 113e n’en compte plus que 1 600. Son chef, le colonel Gérardin, blessé, a été fait prisonnier. Trois chefs de bataillon, six commandants de compagnie sont hors de combat.

Malgré leur supériorité, les Allemands ont également perdu de nombreux hommes mais on ne saura jamais combien exactement. Beaucoup de cadavres sont en effet incinérés pour tromper l’opinion publique. Qu’aurait en effet pensé la population devant des convois de cercueils aux premiers jours d’une guerre que l’on annonçait courte ? Côté français, les pertes furent également tues pendant longtemps. Il semble en fait que cette journée du 22 août 1914 fut sans doute la plus meurtrière de toute l’histoire de l’armée française. On estime entre 20 et 30 000 les pertes françaises et aux environs de 10 000 celles des Allemands entre Longwy et Charleroi sur un front de 120 km dont Signeulx marque l’épicentre. Cette bataille a été révélatrice de manière précoce du manque de considération accordé aux combattants dans les stratégies militaires au début de la guerre.
Les survivants rejoignirent le 131e régiment d’infanterie et participèrent ensuite aux combats de Vauquois, de l’Argonne puis de Verdun.

C’est pour honorer leur courage et se rappeler de ces pages douloureuses de notre histoire que nous tenions à commémorer cet évènement. Leur sacrifice le mérite. À nous de faire en sorte qu’un tel gâchis ne se reproduise jamais.

Réagir à cet article

Votre commentaire paraîtra après quelques minutes, le temps que le site se reconstruise. Les insultes et le courrier indésirable sont écartés automatiquement ; le désaccord, lui, est le bienvenu.

Votre pseudonyme et votre texte seront publics. Votre adresse email, si vous la donnez, ne sera jamais affichée ni transmise — elle sert uniquement si une réponse est nécessaire.

Dans la même rubrique

Tout Blois →

Un peu de Géorgie à Blois : SAQARTVELO

საქართველო (Sakartvelo) est le nom de la Géorgie. Un pays superbe dont on peut découvrir les plats à Blois.

· Lecture 1 min