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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Politique

Ne pas choisir, c'est ménager l'avenir

La décision me déçoit sans me surprendre, et il y a à dire des deux côtés. Du nôtre, elle montre notre difficulté à rassembler. Du leur, elle manque de panache — et elle remet en cause l'utilité même d'un parti incapable de peser par sa masse militante.

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Ainsi Place publique a décidé de ne pas choisir de candidat pour la prochaine présidentielle. Elle rejoint ainsi le Parti Radical de Gauche dans le non-choix. Cette décision me déçoit mais ne me surprend pas.

Certains au PS diront que le parti de Raphaël Glucksmann se montre ingrat après lui avoir permis de devenir député européen en 2019. Je ne serai pas aussi sévère même s’il est vrai que le parti a payé cher à l’époque sa volonté de faire cause commune.

L’ouverture en 2019 était un choix politique assumé pour réussir un rassemblement des forces de gauche. Il ne conditionnait pas à une soumission aux choix du PS aux présidentielles. D’ailleurs si nous n’avions pas atteint les 5% nous aurions eu 0 députés. Depuis 2019 j’ai été plutôt fier de l’action de notre groupe au parlement européen. Je n’ai pas l’impression qu’ils aient trahi leur engagement. Je ne souhaite pas non plus alimenter les conflits (voire les haines) entre les partis de gauche. Tellement trop faibles pour se permettre encore de se battre entre eux.

La vraie question se situe ailleurs je crois. Pourquoi le PRG et PP ne rejoignent pas la candidature d’Anne Hidalgo ? Et je pense qu’il y a à dire des deux côtés.

Du côté du PS cela montre notre difficulté actuelle à rassembler autour de notre candidature. C’est un fait. Ça n’est pas définitif forcément mais ça nous coûte.

Du côté du PRG ou de PP c’est aussi une manière de montrer que leur démocratie interne fonctionne en laissant choisir leurs militants. Mais là j’avoue avoir un doute. Pour moi ça me paraît être surtout une difficulté à choisir. Pourtant depuis le retrait de Montebourg et la difficulté de Taubira à acquérir les signatures nécessaires leur choix semble se restreindre à la candidature de Jadot ou d’Hidalgo. La candidature de Mélenchon étant à l’encontre des valeurs prônées par ces partis (notamment au niveau de la politique étrangère).

Ne pas choisir c’est se permettre une sortie pour ménager l’avenir (comprendre les législatives). Et dans la situation actuelle je trouve que ça manque de panache voire de courage. Ça remet en cause l’utilité même d’un parti si celui-ci n’est pas capable de former un groupe cohérent qui influence le cours des évènements par sa masse militante.

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