Mémoire : Vingt ans après la loi Taubira
Une commémoration nationale depuis 2006, déclinée localement pour la première fois cette année. L'esclavage existe hélas encore — des ventes récentes en Libye et en Syrie l'attestent. Il ne s'agit pas de repentance mais de reconnaître un crime contre l'humanité.

– Commémoration de l’abolition de l’esclavage –
Je représentais Marc Gricourt à la commémoration de l’abolition de l’esclavage ce lundi 10 mai. Cette cérémonie a eu lieu en présence de Jean-Marie Janssens et de Stéphane Baudu sous la direction de la Préfecture du Loir-et-Cher.
Deux élèves du collège Bégon étaient aussi présentes en compagnie de Max Dupont Hallet leur enseignante. Merci à elles.
Monsieur le préfet a souligné avec raison notamment le rôle de l’abbé Grégoire dans la lutte contre l’esclavage.
Cette commémoration existe depuis 2006 au niveau national mais a une déclinaison locale depuis cette année. En effet nous célébrons les 20 ans de la « loi Taubira », qui en 2001 avait déclaré la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité et avait été adoptée à l’unanimité à l’époque par l’Assemblée Nationale et le Sénat.
L’esclavage existe hélas encore. Des images récentes de vente d’esclaves en Libye et en Syrie en attestent. Ce combat reste donc d’actualité. Et là aussi le devoir d’histoire et de mémoire est essentiel.
Étonnamment cet évènement n’est pas célébré à la même date sur tout le territoire. Ainsi, il est célébré le 27 avril à Mayotte, le 22 mai pour la Martinique, le 27 mai pour la Guadeloupe, le 10 juin pour la Guyane et le 20 décembre pour la Réunion. Chacun de ces territoires ayant aussi ses propres particularités historiques.
Cela donne malgré tout un manque de visibilité dommageable pour un fait historique majeur.
Ces questions polluent souvent à tort le débat politique et empêchent l’émergence de projets utiles à tous comme le projet de mémorial des victimes de l’esclavage, qui doit prendre place au Jardin des Tuileries à Paris.
Il ne s’agit pas de “repentance” de l’actuelle génération mais de la reconnaissance d’un crime contre l’humanité. Nous ne sommes pas responsables des crimes de nos aînés mais nous devons en accepter l’existence et s’en rappeler pour éviter le retour de nouvelles horreurs.




Réagir à cet article