Les jeunes, l'abstention et Le Pen
Huit Français sur dix se disent certains d'aller voter en 2022, mais seulement 58 % des 18-24 ans. Macron passe de 29 à 20 % chez eux, Le Pen de 23 à 29 %. Et le socle du RN n'est pas la jeunesse : ce sont les 50-64 ans, la génération la plus menacée dans l'entreprise.
Quelques idées clés de cet article intéressant de Franck Johannès :
- L’abstention des jeunes : 80 % de l’ensemble de la population se dit certaine d’aller voter en 2022, les 18-24 ans seulement à 58 %
- L’origine de l’abstention : tournant en 2007, après le rejet deux ans plus tôt du traité constitutionnel européen avec une très forte participation (70 %). Lors de l’élection présidentielle de 2007, la participation est encore extrêmement forte (84 %).
- L’usure d’Emmanuel Macron : Ils s’étaient massivement prononcés pour Emmanuel Macron en 2017 (29 %) et semblent aujourd’hui déçus : ils ne sont plus que 20 % à vouloir voter pour lui. Marine Le Pen, en revanche, engrangerait fortement des voix et passerait de 23 % en 2017 à 29 %
- L’origine du Vote Le Pen : La désillusion des jeunes actifs s’explique en partie par les mesures libérales de la première partie du quinquennat, la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, la baisse de l’aide personnalisée au logement (APL). Les trentenaires sont touchés de plein fouet par la crise du Covid-19, la peur du déclassement, les difficultés à trouver un logement ou un emploi, et l’attirance pour Marine Le Pen est indéniable.
- Leurs objectifs : Ils sont à la recherche d’autre chose, des radicalités plus fortes. le vote d’adhésion a fortement progressé, de 13 % en 1997 à 35 % en 2021, et même à 60 % chez les 18-24 ans.
- Le socle électoral de Le Pen : La génération qui vote le plus pour le RN, ce n’est cependant pas les jeunes, mais, depuis 2017, les 50-64 ans – probablement la génération la plus menacée dans l’entreprise, la plus inquiète de sa retraite, la plus confrontée aussi à la dépendance de parents âgés. Cette génération en grande souffrance est prête à se prononcer à 34 % pour Marine Le Pen dans les intentions de vote.
- L’histoire : Les plus jeunes n’ont pas connu les grands combats anti-Le Pen qui avaient structuré l’imaginaire des classes plus âgées, quand même très marqués par le 21 avril 2002.




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