Aller au contenu

Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Politique

LEGISLATIVES Les derniers jours ont été éprouvants.

Bilan personnel après l'accord du Front populaire : ce qu'il fallait accepter, ce qui aurait dû être écarté, et pourquoi le Loir-et-Cher se retrouve une fois de plus sans candidat socialiste.

Partager

LEGISLATIVES

Les derniers jours ont été éprouvants. Nous sommes pris dans un tourbillon et passons d’une émotion à l’autre et personnellement j’avais du mal à réfléchir correctement. Je reste encore sans doute un peu sur la campagne européenne à peine terminée. La transition est brutale. Maintenant il est l’heure de faire le bilan de mes réflexions pour ceux que ça pourrait intéresser.

Je ne reviens pas sur les contraintes du mode de scrutin qui impose les alliances pour avoir une chance de survivre au second tour. Les partis de gauche ont réussi ce tour de force de réussir à s’entendre en très peu de temps. C’est exceptionnel.

Personnellement je n’aurais pas demandé l’intégration du NPA. Je me sens en porte-à-faux vis-à-vis de mes fonctions d’élu à la sécurité après les discours (et les actes) tenus par ce parti dans ce domaine (et certains en politique étrangère).

Pour LFI c’est différent. Mathématiquement. Sans LFI pas de second tour. Le rapport de force des présidentielles et des Européennes les rend sans doute inévitables. Si vous ne vouliez pas de LFI dans l’alliance il fallait voter Glucksmann. 14% c’est bien mais ce n’est finalement pas une énorme avance par rapport au 10% de LFI.

J’aurais aimé pourtant que tous les sortants ne soient pas reconduits. Je plains sincèrement ceux qui vont devoir faire campagne pour Ersilia Soudais, Adrien Quatennens, Manuel Bompard, Paul Vannier entre autres. J’en serais sans doute incapable.

Là aussi, le PS n’a pas su peser pour imposer ses choix. Les autres forces de gauche non plus. Il n’a pas su écarter complètement non plus JL Mélenchon même si on sent bien qu’il commence à être mis sur la touche. J’aurais préféré que l’on annonce clairement que l’on choisisse Ruffin ou Vallaud par exemple. Tous les membres de LFI ne sont pas fauteurs de troubles et de dérapages. Il y avait une opportunité de repartir sur de bonnes bases comme annoncé dans le programme qui rejette l’hystérisation des débats mais qui reconduit ceux qui l’ont utilisée.

Sur le programme l’avancée est notable. La « ligne » de Glucksmann est très visible. Mes lignes rouges ne sont pas franchies sur tous les thèmes sensibles (notamment en politique étrangère avec l’Ukraine et le Hamas). Au contraire on réaffirme des valeurs fortes, notamment sur la laïcité. J’ai un désaccord sur la notion même d’islamophobie mais tout le monde ne met pas la même chose derrière ce mot. On a le droit de critiquer n’importe quelle religion mais pas quelqu’un parce qu’il a une religion. Et c’est bien dans ce sens que c’est inscrit dans le programme.

Je voterai donc et ferai appeler à voter Front populaire pour contrer le Rassemblement National. Et au second tour j’appellerai à voter pour tout parti qui se présentera contre le RN.

Cependant je suis à la fois déçu et inquiet. Déçu qu’on ne soit pas allé jusqu’au bout. J’ai le sentiment que le PS a bien du mal à faire valoir ses intérêts (même si le rééquilibrage est notable). Inquiet car ce qui se passe dans ma circo est représentatif de nombreuses circos de France.

Nous avons un homme qui faisait l’unanimité auprès des partenaires de gauche qui n’a pas été choisi. Marc Gricourt saura réagir avec hauteur sur le sujet. Je n’ai aucun doute là-dessus. Mais de nombreux militants PS sont sous le choc de se voir à nouveau exclus de toutes les circos du Loir-et-Cher après l’avoir déjà été en 2022.

Nous étions la première fédération de France à avoir fait l’union dès 2021, nous servons de vitrine aux universités d’été du PS pour cela. Nous sommes punis. C’est incompréhensible pour les militants (dont je suis).

Le candidat LFI Reda Belkadi aura la lourde tâche de devoir réussir là où il a échoué en 2022 contre Marc Fesneau. Il fera certainement campagne avec courage et volonté. Il a mon soutien une nouvelle fois. Mais cela montre une méconnaissance totale du terrain par nos instances. Nous perdons ainsi des chances d’empêcher le RN de gagner. Et nous perdons des dizaines de circos de cette manière. Parfois pour favoriser certains “chefs à plumes” au détriment de femmes d’avenir.

J’espère néanmoins que Reda forcera le destin et il aura mon vote bien sûr. Mais les dizaines (centaine ?) de messages reçus depuis cette nuit vont tous dans le même sens.

Ce n’est pas forcément la faute des négociateurs de LFI. Ils font leur job. Mieux que nous. Mais, à la fin, cela renforce le danger RN. Et ça c’est une faute de notre part que de l’accepter.

J’en tire donc les conséquences. Je vais me mettre en retrait du PS et réfléchir aux suites à donner (ou non) à mon engagement. J’ai pris goût au message de vérité de Raphaël Glucksmann et de Place publique. Peut-être que j’y serai plus à ma place finalement.

Réagir à cet article

Votre commentaire paraîtra après quelques minutes, le temps que le site se reconstruise. Les insultes et le courrier indésirable sont écartés automatiquement ; le désaccord, lui, est le bienvenu.

Votre pseudonyme et votre texte seront publics. Votre adresse email, si vous la donnez, ne sera jamais affichée ni transmise — elle sert uniquement si une réponse est nécessaire.

Dans la même rubrique

Tout Politique →

Balladur, l'image des fautes de la Vème République

HIer soir avait lieu la première réunion de section PS dirigée par Anaëlle Ramos et Simon Blin. Ils m'ont demandé de revenir sur le parcours d'Edouard Balladur. Un sujet intéressant car il représente les problèmes systémiques de nos institutions. La période de deuil étant passée, on a le droit d'être honnête.

· Lecture 6 min