Le président a choisi de jouer à la roulette russe avec 5 balles dans le barillet.
Les règles du jeu, bloc par bloc et pourcentage par pourcentage : pourquoi le seuil des 12,5 % des inscrits, conçu jadis contre le Rassemblement national, se retourne aujourd'hui contre ceux qui l'ont écrit.

Le président a choisi de jouer à la roulette russe avec 5 balles dans le barillet. Certains jugeront le geste stupide, d’autres courageux. Finalement on s’en moque, le choix est fait et on n’a pas le temps de commenter la décision. Elle est là.
🔹 Les règles du « jeu ».
Il y a 577 circonscriptions. Un député par circo. Dans le Loir-et-Cher nous avons 3 circonscriptions par exemple (Romo, Vendôme, Blois).
Pour passer au deuxième tour il faut avoir plus de 12,5 % des inscrits. Avec 50% d’abstention il faut donc avoir au moins 25% des voix pour aller au second tour.
Les Européennes ont donné une estimation des forces en présence :
- RN : 30% donc assuré d’être au deuxième tour dans de très nombreuses circos et est le seul dans le cas.
- Renaissance : 15%
- PS/PP : 15%
- LFI : 10%
- LR : 7%
- Europe écologie : 5%
- Reconquête : 5%
- PCF : 2,5%
3 blocs vont donc « naturellement » se créer à cause de cette règle stupide.
- Le bloc d’extrême droite RN-Reconquête-LR (le LR de Ciotti n’est devenu qu’un supplétif du RN)
- Le bloc libéral de Renaissance/Horizons/Modem. Celui-là même qui nous a mis dans le merdier dans lequel nous sommes.
- Un bloc de gauche (PS/PP/EELV/LFI/PCF).
Ironie de l’histoire cette règle a été faite pour favoriser les deux grands partis historiques au détriment du RN. Aujourd’hui elle se retourne contre eux (karma). Toute candidature dissidente dans les blocs libéraux ou gauche entraîne de facto son élimination pour le second tour (sauf quelques cas rares).
La majorité présidentielle est en grande difficulté par le choix du président. À titre d’exemple dans la circo 4101, Marc Fesneau avait gagné très largement en 2017 (62% contre le RN) et en 2022 (63% contre NUPES-LFI). Avec un choix plus fédérateur comme celui de Marc Gricourt il serait alors éliminé du premier tour. On aurait donc un choc Front Populaire / RN. L’occasion de voir si les appels au « barrage Républicain » fonctionnent dans les deux sens ou ne sont qu’une consigne pour faire gagner la droite.
🔹 Front populaire Vs NUPES, quelles différences ?
Les élections européennes ont rebattu les cartes. Le PS ressorti laminé de la présidentielle (moins de 2%) avait abordé la NUPES en situation de faiblesse. La NUPES lui avait permis de ne pas disparaître de l’assemblée. Depuis 2022 l’Assemblée est devenue un vaste foutoir. L’hystérisation des débats a joué un rôle de repoussoir pour les uns (dont moi), d’aimant pour d’autres. Les affaires Quatennens et les élections européennes ont achevé la bête. La NUPES est morte.
Le rééquilibrage politique a lieu. Et c’est heureux. Les bases d’un possible débat ont été posées et notamment le « rejet de la brutalisation du débat public et de la violence physique ou verbale ». Pas de « Mélenchon 1er ministre » possible cette fois-ci dans la campagne. On parle de Laurent Berger (qui n’ira sans doute pas), on réalise l’inflexion qui s’est opérée en deux ans.
🔹 Le programme
Politique étrangère. Le grand écueil pourrait paraître là tant le clivage aux élections européennes a été fort. Néanmoins là aussi l’inflexion a été forte notamment en politique internationale. Le soutien à l’Ukraine est acté notamment. Les ennemis de l’Ukraine sont le RN. Je vous laisse imaginer Mariani en ministre des affaires étrangères.
Sur Gaza le clivage n’existe pas malgré les outrances de la campagne. Tous les partis condamnent le Hamas, souhaitent la libération des otages, le cessez-le-feu et la reconnaissance d’un État palestinien.
En politique intérieure l’accent est mis sur des points de clivage fort avec le bloc libéral ou d’extrême-droite :
- Le soutien et l’amélioration de la qualité des services publics (Hôpitaux, écoles, universités,…)
- L’augmentation du pouvoir d’achat des Français (salaires, énergie, logement…)
- L’annulation de la réforme de l’assurance chômage
- La taxation des superprofits et des super riches
- La lutte pour l’égalité femmes-hommes
🔹 Les problèmes restants
Tout n’est pas réglé loin de là. On va sans doute protéger les sortants. C’est logique mais dans certains cas cela va être compliqué de rassembler large. On a le droit d’avoir de la mémoire aussi. Les sortants en procès ou condamnés doivent se retirer. Personne n’est irremplaçable, et on peut pas offrir des cibles si grosses à nos adversaires pour sauver 3-4 personnes, et risquer de perdre des dizaines ou centaines de milliers de voix. On ne prend pas le risque de l’extrême-droite pour réhabiliter Quatennens par exemple. Il faut rassembler large. Très large. La question des non-inscrits et du groupe LIOT se pose. Un soutien contre un engagement de leur part pourrait régler le problème.
Dans les autres circos il faut choisir de « vrais » candidats. Pas le temps d’installer des petits nouveaux. Il faut choisir la personne la plus capable d’incarner un rassemblement. Marc Gricourt est un bon exemple du type de candidature nécessaire.
🔹 Conclusion
Le président voulait prendre de court la gauche pour s’assurer une nouvelle légitimité. Il a fait face à une gauche qui a su faire face à ses responsabilités. Le piège se retourne contre lui. L’assemblée (et donc le gouvernement) seront Front Populaire ou RN.
- Renaissance : 15%
- PS/PP : 15%
- LFI : 10%
- LR : 7%
- Reconquête : 5%
- PCF : 2,5%




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