Aller au contenu

Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Politique

Le planning familial et le mot « femme »

L'affiche a un rôle pédagogique et met en lumière des réalités méconnues. Mais rendre invisible le mot « femme » me paraît contre-productif pour leur cause — un avis peut-être orienté par mon propre handicap. Ce n'est ni grave ni contagieux : vous pouvez dormir tranquille.

Partager

Le deuxième scandale de la période porte sur une campagne du planning familial portant sur une famille transgenre.

En tant qu’homme je ne suis pas le mieux placé pour m’exprimer sur le planning familial sans doute. Les femmes sont plus légitimes sur le sujet car directement concernées dans leur chair.

Voici mon point de vue néanmoins.

  • Le planning familial a un rôle essentiel. On doit le soutenir dans une période dangereuse de recul des droits des femmes. L’écoute des femmes, le respect du droit à l’avortement, l’information pratique est vitale.
  • Leur affiche a effectivement un rôle pédagogique et permet d’ouvrir le débat. À ce titre elle permet de mettre en lumière beaucoup d’éléments inconnus de la plupart des citoyens. Les analyses des enquêtes de 2007 et 2009 suggèrent que 0,5% des adultes âgés de 18 à 64 ans se sont identifiés comme transgenres (Conron 2011). En France il y a donc environ 400 000 personnes trans. Jusqu’il y a peu pour pouvoir changer de genre administratif il fallait se faire stériliser. Depuis 8 ans ce n’est plus le cas. Cette stérilisation forcée était scandaleuse. Le fait qu’elle n’existe plus permet d’avoir ce type de cas d’hommes enfermés dans un corps de femme qui peuvent donc être enceints. Ce type de cas est sans doute très rare (je n’ai pas les chiffres) mais ils existent.
  • Par contre invisibiliser le terme de femme sous prétexte de l’existence de personnes trans me paraît contre-productif pour la cause des femmes. Choisir un thème si précis pour une campagne générale montre que l’on s’occupe de tous mais parasite peut être le message global.

Mon point de vue est peut être orienté par le fait que je souffre d’un handicap. Il ne me viendrait pas à l’idée de parler de personnes voyantes ou entendantes parce qu’il existe des personnes aveugles ou malentendantes. Il est discutable aussi. Certains se sentant marginalisés par le découpage strict des genres.

Peut être pouvons-nous admettre que pour certaines personnes la barrière de genre n’est pas aussi simple que pour la majorité. Que ce n’est ni grave ni contagieux. Vous pouvez dormir tranquille, vous ne vous retrouverez pas coincé dans un corps qui vous est étranger demain. À moins que cela révèle finalement que depuis tant d’années vous avez refoulé cette réalité profonde chez vous ?

Réagir à cet article

Votre commentaire paraîtra après quelques minutes, le temps que le site se reconstruise. Les insultes et le courrier indésirable sont écartés automatiquement ; le désaccord, lui, est le bienvenu.

Votre pseudonyme et votre texte seront publics. Votre adresse email, si vous la donnez, ne sera jamais affichée ni transmise — elle sert uniquement si une réponse est nécessaire.

Dans la même rubrique

Tout Politique →

Balladur, l'image des fautes de la Vème République

HIer soir avait lieu la première réunion de section PS dirigée par Anaëlle Ramos et Simon Blin. Ils m'ont demandé de revenir sur le parcours d'Edouard Balladur. Un sujet intéressant car il représente les problèmes systémiques de nos institutions. La période de deuil étant passée, on a le droit d'être honnête.

· Lecture 6 min