La force de l'État contre des salariés en négociation
On peut être pour ou contre une grève, cela fait partie du débat. Mais réquisitionner en pleine négociation crée un dangereux précédent, qui légitimera l'emploi de la force dans tous les conflits sociaux. Et l'opposition entre grévistes et non-grévistes fait oublier la question du partage des richesses.

On peut légitimement se prononcer pour ou contre une grève. Surtout quand elle vous touche directement. Ça fait partie du débat démocratique.
Cependant que l’État utilise la force pour défendre une entreprise contre ses salariés en pleine négociation me paraît être un dangereux précédent. Cela risque de légitimer encore plus l’emploi de la force dans l’ensemble des conflits sociaux. Un usage déjà problématique vis-à-vis des manifestants depuis quelques années et qui a montré son échec à ramener le calme.
La violence risque d’appeler la violence. Et ça ne me paraît en rien raisonnable dans le contexte actuel.
N’oublions pas non plus qu’on est tous le privilégié d’un autre. L’opposition entre travailleurs grévistes et non grévistes fait oublier que c’est aussi le partage de la richesse qui pose problème. A vouloir niveler par le bas, on ne peut entraîner qu’une augmentation des conflits.
Je ne suis pas sûr que notre période ait besoin de ça.




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