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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Politique

La déchéance de nationalité, ou comment donner raison aux terroristes

Une mesure au symbole fort et à l'efficacité nulle. Je ne la rejette pas parce qu'elle a d'abord été proposée par le FN, mais parce qu'elle reflète une idéologie renfermée et peureuse — et qu'elle acte que tous les Français ne sont plus tout à fait à égalité.

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J’ai mis du temps avant d’exprimer publiquement mon sentiment sur la déchéance de nationalité des bi-nationaux. Difficile de s’exprimer de manière claire et courte sur un sujet difficile.

Avant tout, tout le monde conviendra de la portée uniquement symbolique de la démarche. Ce n’est pas son efficacité qui sera notée. Il suffit de noter le nombre d’individus concernés.

Et c’est là aussi le problème. Si cette mesure est inefficace elle n’en reste pas moins un symbole fort. Que l’on veuille ou non un bi national né en France n’aura plus exactement les mêmes droits. Je ne la rejette pas parce qu’elle a été tout d’abord proposée par le FN (il pourrait leur arriver peut-être un jour d’avoir une bonne idée) mais parce qu’elle est le reflet de cette idéologie renfermée, peureuse, isolationniste.

Pour moi cette mesure s’apparente à une forme de vengeance, une volonté de se montrer ferme avec des moyens dérisoires.

Pire - et c’est là le plus grave - c’est une manière de donner raison aux terroristes. On perd de notre liberté (avec l’état d’urgence) et maintenant on montre que tous les français ne sont pas complètement à égalité.

J’aurais tant aimé que l’on soit un peuple fort, sûr de lui, qui ne renonce à aucun de ses principes ou de son mode de vie pour montrer aux terroristes qu’on ne les craints pas. Montrer que l’on sait que la France a vécu avant nous et qu’elle vivra encore bien longtemps après la disparition de ces fanatiques.

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