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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Politique

L'arithmétique contre Cazeneuve

Sur le papier, une coalition à 425 députés. Retirés les 72 de LFI, il en reste 353. Mais abroger la réforme des retraites lui met à dos le RN, LR et l'ex-majorité ; ne pas l'abroger lui coûte les écologistes et les socialistes. Dans les deux cas, la minorité. On devrait plutôt aller vers un gouvernement technique de dix mois.

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Beaucoup de noms ont été cités comme Premier ministre possibles. Celui de Bernard Cazeneuve revient avec insistance. Cela me paraît illusoire.

Chacun aura son opinion sur le personnage politique. Il ne s’agit pas de le juger ici. C’est certainement un homme respectable et intelligent. Il incarne sans doute une certaine forme de responsabilité mais…

Mais comment former un gouvernement avec Cazeneuve à sa tête ? L’objectif du président de la République est de former une majorité stable en alliant certainement les forces du NFP, des divers gauche (dont fait partie Bernard Cazeneuve), de l’ex-majorité présidentielle et de LR & divers droite. Sur le papier nous aurions donc 425 députés.

Nous pouvons retirer immédiatement les 72 députés LFI sans trop de suspense. Reste donc 353 députés (ce qui est largement plus que les 289 de la majorité absolue).

Normalement les écologistes et le PS ne le soutiendront pas. Admettons néanmoins qu’il puisse y avoir un soutien. Il se fera sous conditions d’application du programme du NFP (pas tout le programme évidemment mais au moins de mesures phares pour ne pas paraître comme des traîtres).

Les deux mesures les plus évidentes sont l’abolition de la réforme des retraites et l’augmentation du SMIC à 1600 euros.

  • La première mesure est une ligne rouge du chef de l’Etat. Si le gouvernement Cazeneuve ne souhaite pas l’abroger perdrait alors les 38 députés écologistes et les 66 députés socialistes et retomberait sous la barrière de la majorité absolue à 249 sièges.
  • S’il souhaite l’abroger il aura contre lui le RN, LR et l’ex majorité présidentielle soit 374 députés.

Dans un cas comme dans l’autre il risque donc d’être mis en minorité.

Imaginons alors qu’il essaie la solution la plus sûre. Celle de perdre l’ensemble des députés du NFP pour pouvoir se maintenir. Sa majorité s’appuierait donc sur 241 sièges (LR + Renaissance + DVG), c’est-à-dire qu’il serait à la merci d’une motion de censure et soumis au bon gré du RN.

En clair, Bernard Cazeneuve devrait appliquer une politique de droite avec un accord – au moins passif - du RN pour se maintenir.

Je ne connais pas très bien Bernard Cazeneuve (même si on est amis sur facebook) mais je ne le crois pas assez suicidaire pour ça.

Il est à prévoir dans le cas contraire des réactions extrêmement violentes. Y compris pour l’ex majorité présidentielle qui remettrait en selle le premier ministre de François Hollande qu’elle a pourtant tellement honni comme étant de l’ancien monde.

On devrait donc plus probablement se diriger vers un gouvernement “technique” pendant 10 mois, en attendant la prochaine dissolution.

Thierry Beaudet (président du CESE) est cité par certains médias. À voir.

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