L'alliance entre macronistes (Marc Fesneau, Mathilde Desjonqueres) et "Républicains"…
La venue de Bruno Retailleau à Blois pour soutenir la liste d'alliance entre macronistes et Républicains sert de point de départ à un examen critique de ses déclarations sur l'État de droit, l'immigration et l'insécurité.

L’alliance entre macronistes (Marc Fesneau, Mathilde Desjonqueres) et “Républicains” (Malik Benakcha) se félicite de faire venir Bruno Retailleau pour promouvoir sa liste aux élections municipales dans notre Ville de Blois.
Pourquoi c’est grave ? Petit florilège de l’expression de ce ministre supporter de De Villiers et de Peltier qui a même trouvé le moyen de tricher à Intervilles tellement il est minable.
🔸 « Il faut remettre en cause l’État de droit quand il empêche d’agir contre l’insécurité » L’État de droit n’est pas un obstacle, mais le cadre même de l’action publique. Remettre en cause l’État de droit au nom de l’efficacité sécuritaire revient à justifier l’arbitraire. Rappelons que le bilan de la droite est minable à ce sujet. Ça roule beaucoup des épaules à coup de grandes phrases (type Kärcher) mais c’est bien cette même droite qui a favorisé l’insécurité en détruisant la police de proximité.
C’est un glissement idéologique majeur, incompatible avec les principes constitutionnels et européens. Cette rhétorique reprend les thèses de l’extrême droite. Jamais le parti “les Républicains” n’a aussi mal porté son nom.
🔸 « La France subit une submersion migratoire »
L’expression de « submersion » est factuellement fausse au regard des chiffres de l’immigration. Elle déshumanise les personnes migrantes et alimente les peurs. Elle reprend mot pour mot le vocabulaire du Rassemblement national. Elle contribue à légitimer des politiques de rejet plutôt que des solutions réalistes et humaines à l’heure où la France vieillit et à bien du mal à conserver son modèle social.
🔸 Assimilation immigration / insécurité
Les études sérieuses montrent que le lien mécanique immigration-délinquance n’existe pas. Cet amalgame nourrit la stigmatisation de millions de Français et d’étrangers. Il détourne le débat des causes réelles de l’insécurité : précarité, trafic, désorganisation de certains territoires. C’est politiquement irresponsable et socialement explosif.
🔸 Attaques contre les juges et la justice
Mise en cause récurrente du « laxisme judiciaire ». Les juges appliquent les lois votées par le Parlement. Affaiblir la légitimité de la justice, c’est saper un pilier de la démocratie. Ce discours nourrit la défiance envers l’institution judiciaire. C’est un ressort classique des démocraties illibérales.
Pourtant quand il s’agit de juger des traîtres à la Patrie comme Fillon ou des voyoux comme Nicolas Sarkozy d’un seul coup la justice devient trop dure. Un deux poids deux mesures insupportable. Une République des coquins que l’on a déjà trouvé au Rassemblement National.
🔸 « Il faut enfermer beaucoup plus et beaucoup plus longtemps »
(sans aucune réflexion globale sur la prison). La France connaît déjà une surpopulation carcérale record. Jamais nous n’avons autant enfermé dans ce pays. L’enfermement massif sans politique de réinsertion aggrave la récidive. Aucune vision globale sur la prévention, la santé mentale, l’accompagnement social. Une approche purement punitive inefficace et coûteuse.
🔸 Complaisance idéologique avec l’extrême droite (votes, alliances locales, convergences discursives)
Retailleau contribue à normaliser les thèses de l’extrême droite au sein de la droite républicaine. Il brouille les lignes entre conservatisme républicain et nationalisme autoritaire. Cela affaiblit le front démocratique et banalise des idées dangereuses. D’ailleurs il s’est opposé au front Républicain aux dernières législatives. Il est devenu un allié objectif du RN. Front Républicain qui leur à pourtant bien servi pour faire élire deux des trois députés du 41.
🔸 Jutisification de l’attaque des États-Unis contre le Vénézuela.
Preuve une fois de plus que l’état de droit ne compte pas pour lui. On peut à la fois condamner Maduro et respecter l’état de droit.
🔸Conclusion
Le problème n’est donc pas une phrase isolée, mais une cohérence idéologique : remise en cause de l’État de droit, obsession sécuritaire, stigmatisation, défiance envers les contre-pouvoirs. C’est une dérive illibérale, incompatible avec l’héritage républicain, européen et démocratique. Honte à ceux qui lui déroule le tapis rouge.


