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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Géopolitique

Kaboul va tomber

Une pensée pour les femmes qui vont subir à nouveau leurs tortionnaires, et pour les traducteurs que nous avons abandonnés : j'ai honte pour mon pays. Une chaîne d'erreurs depuis 1979, où le danger « rouge » a fait oublier le danger « vert ». Accepterons-nous enfin de revoir nos alliances ?

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Kaboul va tomber. Le peuple Afghan va subir à nouveau un islam intégriste basé sur une charia qui n’a aucun sens au XXIème siècle.

J’aimerai avoir une pensée pour les femmes qui vont subir à nouveau le joug de leurs tortionnaires en étant méprisées en tant qu’être humain. Une pensée aussi pour les traducteurs français que nous avons abandonnés là-bas. Ils maîtrisent notre langue et ont servi notre armée. J’ai honte pour mon pays.

Au-delà des évènements actuels ce conflit marque de nombreuses erreurs de jugements de l’Europe et de l’Amérique face à ce territoire.

Tout d’abord de la part de l’URSS en 1979 par une invasion qui sera un bourbier en installant un régime fantoche. Les États-Unis ont alors suivi l’adage “les ennemis de mes ennemis sont mes amis”. Erreur stupide puisqu’ils vont alors équiper et former Ben Laden et permettre l’émergence des Talibans. Pourtant la même année la révolution dans l’Iran voisin montrait les dangers de ce type de régime. Mais le danger “rouge” faisait oublier le danger “vert”.

Quand les Talibans font tomber Kaboul en 1995 on s’émeut en occident mais on n’intervient pas. Il faudra attendre les attentats du 11 septembre 2001. Et là repose le hiatus. Les auteurs de l’attentat ne sont pas Afghans mais Égyptiens ou Saoudiens et personne n’entend pourtant remettre en cause nos alliances avec ces dictatures. On refuse de voir. L’attaque de l’Afghanistan et de l’Irak en 2003 apparaissent alors comme des vengeances faciles sans résoudre le problème.

Et surtout aucun plan d’action n’est réellement prévu pour l’après. Ces pays seront un bourbier pour les Etats-Unis. Leur départ précipite la chute d’un régime qui n’a jamais eu les moyens de s’imposer auprès de sa population.

Le droit d’ingérence est alors écorné dans ses fondements mais ne rien faire est contraire à nos idéaux. Nous sommes piégés.

Accepterons-nous de remettre en cause nos alliances avec les dictatures du Golfe ou Arabes pour gagner en cohérence ou continuerons-nous notre mauvaise foi en maudissant les gens qui fuient ces pays ?

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