Homophobie : Pourquoi cette journée compte pour moi
Ma fille aînée a profité du réveillon pour annoncer à ses parents et à ses grands-parents qu'elle aimait les filles, entre deux rires et deux torrents de larmes. Ce qui m'a bouleversé, c'est qu'elle ait dû se mettre dans cet état pour ça. Ce n'est ni une maladie ni une tare : on ne soigne pas, on ne lutte pas contre.

Vous avez sans doute remarqué les couleurs arc-en-ciel un peu partout aujourd’hui. Beaucoup se diront sans doute que c’est une journée de plus sans grand intérêt. Pour moi non. Je vais vous expliquer pourquoi.
Notre dernier Noël était familial. Ça paraît banal mais vu les conditions sanitaires et les problèmes de santé dans la famille c’était plutôt exceptionnel en fait. J’avais remarqué que ma fille aînée était stressée, énervée… Mais après tout que les enfants soient énervés à Noël, quoi de plus normal ?
Elle a profité de cette soirée particulière pour annoncer à ses parents et ses grands-parents qu’elle aimait les filles. Entre deux rires et deux torrents de larmes d’émotion. J’avoue ne pas avoir été surpris plus que ça mais une chose me tracassait sans savoir quoi.
Avec le recul c’était assez clair. Que mes enfants souhaitent vivre avec un homme ou une femme ne me fait rien de particulier. Pour tout dire ça m’indiffère même profondément. Je ne vais pas négocier ou discuter sur le fait qu’il soit plus raisonnable d’aimer la vanille à la fraise avec quelqu’un. Je suis même étonné qu’il y ait possibilité d’un débat sur le sujet. À partir du moment où cela ne remet pas en cause vos propres sentiments en quoi êtes-vous concernés ?
Et c’est justement là le problème. J’étais bouleversé que ma fille se mette dans un tel état pour ça. C’est là où j’ai réalisé plus directement le poids des normes de nos sociétés. Il fallait “avouer” une préférence qui ne regarde qu’elle. Merci à mes parents d’avoir été intelligents aussi dans leur réaction ce soir là. Quelle violence notre société fait subir à ceux qui ont des choix différents… On pourra me répondre à juste titre que c’est bien pire ailleurs (et c’est vrai). Mais en quoi cela nous dédouane ?
En 2013 que certains puissent défiler contre le fait d’accorder un droit aux autres m’avait profondément choqué. Ceux-là même qui rectifient leur page wikipédia aujourd’hui… L’homosexualité n’est ni une maladie, ni une tare, ni une déformation. On ne soigne donc pas. On ne lutte pas contre. Si cela va à l’encontre de votre foi, vous êtes libre d’aller contre votre propre nature mais foutez la paix aux autres.
J’ai donc bien peur qu’il faille encore quelques années de commémoration pour faire accepter ça à tous les intolérants de la planète.




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