Décès de ma collègue à St Jean-de-Luz qui ravive un souvenir
Le drame vécu aujourd’hui par ma collègue à St Jean-de-Luz ravive un souvenir que je voudrai partager avec vous. Mais il nécessite quelques précautions d’usage : - Je resterai flou sur le lieu et la date.

Le drame vécu aujourd’hui par ma collègue à St Jean-de-Luz ravive un souvenir que je voudrai partager avec vous. Mais il nécessite quelques précautions d’usage :
- Je resterai flou sur le lieu et la date. Ces élèves vivent leur vie aujourd’hui, à première vue sans problème majeur.
- Je demanderai à mes anciens collègues de respecter cet anonymat.
- Ces faits sont suffisamment anciens pour ne pas les utiliser contre le gouvernement actuel ou même le précédent.
Nous sommes dans les années 2000, j’ai une classe de 4e un peu gonflante comme ça arrive parfois. Rien de dramatique mais pénible malgré tout avec des conflits incessants entre les élèves à l’intérieur de la classe.
Un jour un des élèves de cette classe poignarde un autre élève à la jambe. Pas de blessure grave mais tout le monde est sous le choc. Il y a souvent des incidents mais jamais usage d’arme dans cet établissement. Cet élève avait fait parler de lui, il avait même fait peur parfois mais sans aucune conséquence.
Bien évidemment l’élève est passé en conseil de discipline et a été exclu. Je n’ai pas souvenir d’une action judiciaire à l’époque. L’infirmière nous apprend que l’élève est psychopathe et qu’elle le savait depuis le début de son intégration dans cette classe.
Quand je lui ai demandé pourquoi nous n’étions pas prévenus de cet état elle m’a répondu que nous aurions sans doute jugé l’élève différemment. Bref que nous n’étions pas aptes à avoir cette information.
J’ai été profondément blessé par cette phrase parce que cela niait que moi et mes collègues étions des professionnels de l’éducation. Je suis allé voir le proviseur ensuite qui m’a confirmé que c’était la démarche à suivre. C’était donc institutionnel et pas lié à cette infirmière.
J’aurai peut-être agi différemment oui. J’aurai une vigilance accrue, pour autant je ne l’aurai pas rejeté ou jugé comme un paria. Et me juger comme ça me donnait une impression de me salir. Le terme #pasdevagues n’existait pas encore.
L’institution qui ne m’avait pas jugé apte à connaître son état n’avait jugé bon pour autant qu’il ait le moindre accompagnement pour être inclus dans la classe.
Cet élève n’est pas un criminel. Il a construit sa vie. J’espère qu’il n’a pas fait de dégât. Mais depuis j’ai toujours une forme de vigilance dont je me passerai bien. Il faut inclure mais avec les moyens dédiés.
Twitter me fait le procès aujourd’hui d’avoir parlé du décès de cette enseignante. Pour eux j’aurai dû parler d’assassinat. Le terme décès veut dire « mort d’une personne » tout simplement. Cela ne veut pas dire que ce n’est pas un homicide ou un assassinat. La police et la justice décideront quel terme il faudra mettre aux circonstances de ce décès. C’est leur travail.
Plutôt que cette querelle stupide des mots, on devrait s’intéresser aux maux de l’éducation.




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