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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Blois

Discours pour les morts d'Indochine

Une guerre particulière et trop souvent oubliée, née de l'occupation japonaise bien avant 1945 et prolongée après Genève par les camps du Viet Minh. Il faut lutter contre l'oubli de ceux qui sont tombés là-bas.

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J’avais l’honneur de représenter Marc Gricourt à la journée nationale d’hommage aux Morts pour la France en Indochine ce lundi 8 juin 2020.

Voici le discours que j’avais préparé (seul le prononcé fait foi).

“- Monsieur le Préfet

  • Madame la conseillère départementale
  • Madame la présidente de la fédération des anciens d’Indochine et des Territoires d’opérations extérieurs.
  • Monsieur le président de l’UDAACVG
  • Monsieur le président du comité d’entente des associations patriotiques de Blois
  • Monsieur le Délégué général du Souvenir Français et Président de la légion d’honneur.
  • Messieurs les Porte-drapeaux.

Je tiens à vous remercier aujourd’hui de votre présence, dans des conditions si particulières, pour honorer nos « morts pour la France » en Indochine.

L’Indochine est une guerre particulière dans notre histoire, trop souvent oubliée. Une guerre qui tient son origine dès la seconde guerre mondiale avec l’occupation Japonaise donc bien avant 1945. Un conflit qui perdura après les accords de Genève avec les camps Viet Minh où de nombreux prisonniers ont perdu la vie donc après 1954. Un conflit aux contours flous donc qui reprit forme dès 1961 et jusqu’en 1975 avec la guerre du Viet-Nam.

Il faut lutter contre l’oubli de ceux qui sont tombés là-bas. Le souvenir de cette guerre ne doit pas être effacé. Un conflit perdu dans un contexte qui le dépasse.

Le sens de l’histoire allant vers une perte inéluctable et nécessaire des empires coloniaux allait balayer l’influence française en Asie du Sud-Est malgré un siècle de présence en Indochine. L’après-guerre voit aussi les enjeux de la guerre froide prendre le dessus sur les enjeux nationaux et ramener la France à une leçon d’humilité sans doute nécessaire sur son importance dans le monde.

Quand le calvaire prend fin on dénombre 100 000 soldats tués, 76 000 blessés, 40 000 prisonniers, 30 000 disparus. Ce calvaire connu son apogée à Diên Biên Phu. Lieu de l’ultime bravoure de l’opération Castor parachutée pour l’honneur et de la barbarie la plus cruelle des combats.

Le Général Yves Gras en a retiré cet enseignement :

« il n’y a pas de places fortes imprenables lorsqu’on renonce à les secourir. Le camp retranché a fini par tomber, comme sont tombées, au cours de l’histoire, toutes les forteresses assiégées abandonnées à leur sort »

Général Yves Gras

Leur sacrifice, leurs souffrances seront respectées si nous pouvons aujourd’hui voir notre passé sans haine, sans honte, sans faux semblants. Il sera respecté aussi si nous savons engager nos troupes dans des causes justes qui méritent les risques pris et le sacrifice ultime. Le soldat n’a que sa loyauté et son courage. Il n’est pas le responsable des choix politiques de son pays. Aujourd’hui nous nous devons de donner notre respect à tous les hommes qui ont donné leur vie.

Si nous savons nous montrer à la hauteur de ce courage et de cette loyauté alors seulement nous serons dignes de nos aînés. Malgré les incertitudes du temps et les nouveaux dangers de notre période si complexe, si hasardeuse, nous pourrons mettre fièrement en avant les valeurs de notre République.

N’oublions pas leur courage et leur sacrifice. Honorons la mémoire de ceux qui sont tombés, notamment pour ceux qui sont revenus, marqués à jamais.“

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