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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Politique

Deux poids, deux mesures face aux manifestations

La loi immigration censurée : aucun juriste n'en doutait, et le Parlement a servi à communiquer plutôt qu'à légiférer. Mais le plus grave est ailleurs — annoncer qu'on laissera faire les uns quand les pompiers, les infirmières ou les enseignants sont sévèrement réprimés. La loi est la même pour tous.

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La Loi immigration a été censurée. Aucune surprise à ce niveau. Le Conseil Constitutionnel n’a fait qu’appliquer la…. Constitution. C’est son rôle. Il était évident que cette loi mal écrite serait censurée. Même le ministre de l’intérieur et le président de la République l’avaient évoqué publiquement. Aucun juriste n’en doutait.

Si vous voulez qu’un texte de loi passe, il suffit de mieux le rédiger. C’est normalement le travail du parlement.

Le parlement a donc été utilisé non pour faire la loi mais pour faire de la communication politique. Ça n’est pas la première fois mais ici c’est plus grave que d’habitude. Le conseil constitutionnel a dû rappeler la base, c’est-à-dire que le parlement doit s’assurer que ces textes soient constitutionnels avant de les proposer à vérification. Ce qui à l’évidence n’a pas été fait (ou plutôt a été mal car les services juridiques de l’assemblée ont pourtant alerté les parlementaires)

Ce qui m’inquiète c’est que certains personnels politiques en profitent non pas pour se remettre en cause dans leur mauvaise application de leurs obligations mais pour remettre en cause la constitution elle-même.

Et hier soir, nous avons franchi un nouveau cap dans la remise en cause de l’état de droit avec l’intervention du ministre de l’intérieur au JT de TF1.

Cette intervention était effrayante sur le fond.

Darmanin en assumant de « laisser faire » les agriculteurs lors de leurs actions de blocage porte atteinte à l’impartialité de l’Etat.

Que l’on soit clair, il ne s’agit pas de juger du bien fondé ou non de l’action des agriculteurs (spoil : ils ont des raisons valables de manifester) mais du deux poids deux mesures de l’Etat face aux manifestations.

“Ils souffrent et ils ont le droit de revendiquer”: Bien sûr ! Comme les pompiers, les policiers, les infirmières ou les enseignants par exemple… Pourtant sévèrement réprimés eux.

“J’ai indiqué aux préfets que si les bâtiments publics, les gendarmes, les policiers étaient pris à partie, évidemment que nous interviendrions”… Mais un bâtiment de la DREAL a été soufflé à l’explosif cette semaine ! Que n’aurions-nous pas entendu s’il s’agissait d’écologistes ou de religieux qui avaient fait cet acte terroriste !?

Faut-il rappeler qu’à Saint-Brieuc, une jeune femme a été placée en garde à vue, déférée et condamnée suite à une simple “casserolade”

On ne peut pas affirmer quand on est ministre de l’intérieur que la loi est différente en fonction que l’on apprécie ou non les revendications des personnes. Cela laisse un sentiment d’impunité qui peut être grave.

Hier un sanglier a été pendu et éviscéré devant l’inspection du travail à Agen. Le Leclerc d’Agen a vu son toit s’effondrer sous le poids du lisier déversé. Celui de Clermont-l’Hérault a vu son parking détruit.

La loi est la même pour toutes et tous. Le ministre de l’intérieur doit en être le garant. Ce gouvernement devient un danger pour la démocratie.

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