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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Politique

Covid : Tout me met mal à l'aise

L'ambiance, le texte mal ficelé, les amendements pour se mettre en avant. Et surtout les alliances de circonstance qui se défont pour s'en refaire d'autres : moins la gauche sera associée au RN, mieux ce sera. Typique d'un texte qui aurait dû être négocié en amont.

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Je vais le dire tout net, je ne suis pas à l’aise avec ce qui s’est passé à l’assemblée nationale hier soir.

Tout me met mal à l’aise. Tout.

L’ambiance tout d’abord (chaque camp verra l’autre responsable de cette hystérie donc je ne développe pas) et le fond.

Le sujet portait sur la politique sanitaire. Le texte était mal ficelé, les amendements parfois stupides ou juste pour permettre à l’orateur de se mettre en avant (Dupont Aignan par exemple).

Les alliances de circonstances (LREM/LR/RN) ont volé en éclat au profit d’alliance (tout autant de circonstances) NUPES/RN. Et ça me met mal à l’aise. Vraiment. Moins la gauche sera associée au RN mieux ça sera. Même si on n’est pas responsable de ce qu’ils votent je n’aime pas être associé d’une manière ou une autre à eux.

Un bout de texte est passé (ce que retiendra la majorité relative actuelle), l’autre est rejeté (ce que retiendra l’opposition).

L’article 2 de ce projet de loi de « veille et de sécurité sanitaire », qui prévoyait la possibilité, si nécessaire, de rétablir le passe sanitaire pour les voyages « extra-hexagonaux », a été rejeté en fin de soirée par 219 voix contre 195, grâce à une conjonction de votes du RN, de LR et d’une majorité de l’alliance de gauche Nupes. Là aussi chacun retiendra ce qu’il souhaite sans doute. Personnellement ça ne me choque pas que l’on prenne des mesures sanitaires, même s’il faudra bien en sortir un jour. Mais prolonger éternellement une sorte d’état d’urgence sanitaire alors que l’hôpital est en détresse montre aussi une sorte de paresse intellectuelle sur les vrais enjeux sanitaires.

Pire on voulait couper la France en morceaux. La Corse, les collectivités d’Outre-Mer se voyaient infliger une sorte de double peine. Pas étonnant qu’une majorité l’ait donc rejetée. Un député a expliqué son humiliation d’être testé à nouveau alors qu’à l’embarquement en Guyane il avait déjà été testé par exemple.

Typique d’un texte qui aurait dû être négocié en amont. Qui aurait dû être construit par une majorité de coalition sur un programme clair.

Une majorité au “coup par coup” en France ne fonctionnera pas. Parce que la vraie concertation n’existe pas. On passe de Grenelles en “étude flash” sans jamais réellement écouter les doléances parfois légitimes. On fait mine de redécouvrir l’eau chaude pour gagner du temps en fait. L’arrogance du pouvoir le tue.

D’ailleurs vous vous rappelez des cahiers de doléances suite à la crise des gilets jaunes ? Ils ont fini à la poubelle. Comment avoir confiance dans ces conditions ?

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