Comment fonctionne l'indignation en ligne
Le choc, l'émotion, les partages, les détournements qui servent de défouloir, les petites enquêtes, puis les conséquences pour la personne visée. Et derrière, le portrait d'une société qui entretient les injustices.

Alison Ettel, cette Américaine blanche (c’est important) de 44 ans a eu une bien mauvaise idée: le 23 juin 2018, alors qu’une fillette noire de 8 ans vendait de l’eau devant sa maison à Oakland en Californie, elle a menacé d’appeler la police pour la dénoncer car elle ne bénéficiait pas de permis pour offrir un rafraichissement aux passants contre une poignée de dollars.
C’est la cousine de cette fillette, plus âgée, qui a filmé Alison Ettel au moment où elle téléphonait.
Cette histoire, qui constitue donc un amas de révélations successives, est révélatrice de la manière dont l’indignation fonctionne aujourd’hui sur les réseaux sociaux. Il y a le choc, l’émotion, les partages nombreux, les détournements (qui servent en fait de défouloirs et d’humiliations), les petites enquêtes, la construction d’un personnage, puis les conséquences sur la personne incriminée. Mais dans ce cas, il y a aussi le portrait d’une société américaine qui entretient les injustices. Alison Ettel n’est malheureusement qu’une goutte d’eau dans l’océan du racisme quotidien, mais elle est celle qui a fait déborder le vase.
«Permit Patty», symptôme d’une société américaine qui entretient les injustices raciales




Réagir à cet article