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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Blois

Commémoration du génocide arménien

Le discours de commémoration du génocide arménien : plus d'un million de morts, la stèle qu'il a fallu défendre contre ceux qui voulaient nous en dissuader, et cette idée — la paix ne se bâtit que sur la vérité.

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Ce matin j’avais l’honneur de représenter Marc Gricourt pour la commémoration du génocide arménien.

Discours de commémoration du génocide arménien

Mesdames, Messieurs,
Chers représentants de l’État et des institutions, Chers élus,
Chers représentants de la communauté arménienne,
Chers concitoyens,

C’est avec émotion et gravité que je prends la parole aujourd’hui au nom de Marc Gricourt, en tant qu’élu de la République et en tant qu’homme profondément attaché aux valeurs de mémoire, de vérité et de justice.

Nous sommes réunis ici, pour commémorer un crime que l’humanité ne peut ni ignorer, ni banaliser : le génocide arménien de 1915, qui a coûté la vie à plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants, exterminés pour ce qu’ils étaient. N’oublions pas les autres victimes de ce crime contre l’humanité, notamment les Assyro-Chaldéens et Grecs pontiques.

Si mon engagement est celui de la sécurité publique au quotidien, il était auparavant celui de conseiller municipal délégué à la mémoire. Mon engagement trouve aussi son sens ici, dans ce devoir de mémoire et le travail fourni avec Madame Manukyan pour faire naître cette stèle de reconnaissance du génocide. Beaucoup ont essayé de nous en dissuader. Aujourd’hui personne ne le remet plus en cause car la concorde et la sécurité d’une nation et d’un peuple commencent par la reconnaissance de ses blessures. La paix durable ne peut se bâtir que sur la vérité. En Arménie, en France ou ailleurs.

Commémorer, c’est affirmer que la haine, la négation, l’oubli organisé sont autant de menaces contre nos sociétés démocratiques. C’est bien un proverbe arménien qui dit “Si mon cœur est étroit à quoi me sert que le monde soit si vaste.” C’est dire que ce qui s’est produit hier peut se reproduire demain, si nous ne restons pas vigilants, solidaires, humains.

Aujourd’hui, en rendant hommage aux victimes du génocide arménien, nous rendons hommage à la résilience d’un peuple, à sa culture, à ses traditions, à ses enfants qui ont trouvé refuge en France, et parfois ici, à Blois. « La mémoire est une force ».

C’est cette force que nous devons transmettre aux générations futures : la force de se souvenir, la force de dénoncer l’injustice, la force de rester debout quand l’Histoire tente de vous faire taire.
Je veux également exprimer, au nom de la municipalité, notre solidarité avec le peuple arménien d’aujourd’hui, dont la situation reste fragile encore aujourd’hui. Des espoirs sont permis. La paix semble se dessiner avec l’Azerbaïdjan voisin.

En tant qu’adjoint à la sécurité, je sais combien la paix est un bien précieux, et fragile. Elle ne repose pas seulement sur la force, mais sur la reconnaissance, le respect et l’unité. C’est ce que symbolise cette cérémonie. C’est ce que nous devons défendre, ensemble.
À toutes les familles marquées par cette tragédie, à tous les héritiers de cette mémoire douloureuse : nous sommes à vos côtés. Aujourd’hui, Blois se souvient. Et tant que nous serons là pour le dire, personne ne pourra effacer votre histoire.
Merci.

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