Ce que dit la primaire populaire
Oui, on pouvait voter plusieurs fois — comme à l'investiture de Mélenchon, où j'ai voté sous les noms de Lénine, Staline et Trotsky. Mais le trollage massif n'a pas eu lieu, et l'échec est celui des partis qui n'ont pas su quoi en faire. Nous élisons un président comme on choisit un produit.

On peut remettre en cause la légitimité du scrutin. Oui il était possible de voter plusieurs fois. Il fallait s’organiser un peu pour ça mais c’était faisable. Comme à l’investiture de Mélenchon (où j’ai voté avec les patronymes de Lénine, Staline et Trotsky), comme à la primaire EELV (en payant 2€), comme chez LR (en prenant sa carte).
On pouvait craindre un trollage en masse des partis politiques. Il n’en est rien. Pour preuve les positions des 3 gros candidats. Qu’on le veuille ou non c’est un échec pour ces partis qui n’ont pas su quoi faire de cette initiative en développant des discours parfois contradictoires. En incitant à voter contre, en refusant les débats, en voulant ignorer la logique du scrutin majoritaire.
Or les faits sont têtus. Chloé Ridel, de l’association Mieux voter, précise que 67,42 % des électeurs ont attribué à Christiane Taubira la mention bien + ou une mention supérieure. Près d’un électeur sur deux lui a même donné la mention très bien. Selon elle, sa victoire est donc « nette ». L’appel des différents partis à ne voter que pour leur candidat en mettant insuffisant aux autres n’a donc pas été entendu.
Le résultat de Christiane Taubira est donc impressionnant. Pour autant les lacunes programmatiques sont elles aussi évidentes. Mais Macron a été élu sans programme lui aussi. La Vème république est arrivée au bout. Dénaturée par les modifications post 1965, elle est devenue une monarchie présidentielle où le parlement peine à avoir une utilité quelconque (redorant le Sénat par la même occasion).
Ce scrutin est dans l’air du temps car il montre nos failles. Nous élisons notre président comme on choisit un produit de consommation. Cela montre la dépolitisation de notre société.
C’est aussi un scrutin porté par des jeunes plutôt favorisés. Il est le reflet du “vrai” vote car les classes les plus défavorisées ont tendance à moins voter que les autres. Les métropolitains votent aussi plus que les ruraux. Cela explique aussi cette impression de ne pas être représenté par notre classe politique pour une bonne partie du peuple.
La réalité c’est que ce vote aurait dû sans doute ne jamais exister si nous avions eu l’intelligence de nous entendre avant. Ça n’est pas le cas. Et nous avons une candidate de plus ce soir. Ce que l’on a réussi à le faire localement (mairie, département, région au deuxième tour) on a été incapable de le faire au niveau national.
Et maintenant ? Le statu-quo me paraît impossible. Il faudra déjà avoir les fameuses 500 signatures et bien des candidats vont se retrouver en difficulté. Mais il faut avouer que ce type d’élimination n’est pas satisfaisant non plus…




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