đ Blois : Les commerces.
Vacance commerciale, rÎle réel du stationnement, action municipale : un état des lieux chiffré du commerce blésois, comparé à d'autres villes moyennes, face aux critiques qui montent avant les municipales.

Ătant atteint du syndrome de la page blanche sur lâUkraine (ça passera) je me penche donc sur Blois aprĂšs une pĂ©riode de pause sur les rĂ©seaux.
Ici comme ailleurs des listes se prĂ©parent pour les prochaines Ă©lections municipales (et câest heureux, câest aussi ça la dĂ©mocratie, se confronter Ă lâautre). Le thĂšme des commerces est un de ceux qui est le plus prĂ©sent dans lâactualitĂ© locale. Dans la Ville de Blois comme ailleurs. Je suis originaire de Saint-Nazaire et les pages locales des rĂ©seaux sociaux ont exactement les mĂȘmes tonalitĂ©s dramatisantes que sur Blois (et câest valable dans toutes les villes moyennes et mĂȘme les mĂ©tropoles)
Ces critiques reposent sur des constats parfois justes (la fermeture de certaines enseignes, des secteurs qui souffrent) et dâautres parfois totalement erronĂ©s (comme la place du stationnement dans lâactivitĂ© des centres-villes). Soit ces personnes le savent et mentent dĂ©libĂ©rĂ©ment (quand une mĂȘme personne se fabrique 5 comptes diffĂ©rents pour insulter la mairie elle fait sans doute partie de cette catĂ©gorie) soit ces personnes nâen ont pas connaissance (et câest donc pour elles que jâĂ©cris).
Le deuxiĂšme axe des critiques porte sur lâaction municipale dans le domaine. Câest lĂ©gitime de le faire. Et câest notamment aux Ă©lus de faire connaĂźtre ce que nous faisons. Câest donc le deuxiĂšme axe de ce que je vais Ă©crire. Je ne suis Ă©lu que depuis 2020. Je me contenterai donc de ce que je connais.
đžLes constats : CorrĂ©lation nâest pas causalitĂ©
Oui le secteur du commerce souffre. 10 % de vacances Ă Blois (13 % Ă Poitiers, 19 % Ă Bourges, 25 % Ă ChĂątellerault par exemple). Ă Blois câest surtout une rue qui est impactĂ©e, la rue du commerce. Dans dâautres rues (Papin, Porte Chartraine) les commerces tiennent bon et dans certaines ils se dĂ©veloppent (Blois Vienne). Cette rue est emblĂ©matique (comme lâavenue de la RĂ©publique Ă Saint-Nazaire ou CrĂ©billon Ă Nantes). Lâimpact des fermetures est donc plus fort ici quâailleurs. Câest une rue qui souffre de loyers exorbitants et dâimmeubles souvent vĂ©tustes voire dangereux. Pire, ils sont souvent inadaptĂ©s Ă lâactivitĂ© commerciale (le commerçant logeait Ă lâĂ©tage de son magasin, aujourdâhui ce nâest plus le cas et lâĂ©tage sert de rĂ©serve car il nây a souvent pas dâentrĂ©e sĂ©parĂ©e pour gagner les Ă©tages). Cette non occupation favorise le dĂ©labrement Ă©videmment.
đžNotre responsabilitĂ© collective, les faux argumentaires de lâopposition.
Le cĆur du problĂšme ce sont nos habitudes qui changent. La multiplication des achats de fast fashion livrĂ©s par colis (Shein par exemple) est un dĂ©sastre environnemental mais aussi un dĂ©sastre commercial. Les mĂȘmes qui se plaignent de la fermeture dâun magasin de vĂȘtements sont souvent ceux qui achĂštent sur internet au lieu de faire vivre leurs commerçants locaux. Ils se plaignent des consĂ©quences de leurs propres actions alors quâils en chĂ©rissent les causes.
Sur le stationnement idem. La rue du commerce est piĂ©tonne depuis de nombreuses annĂ©es. Nous avons de trĂšs nombreux parkings gratuits pendant deux heures (chĂąteau, Valin notamment) et des tarifs trĂšs modĂ©rĂ©s ailleurs (Pour rappel, les stationnements publics gĂ©nĂšrent des revenus moindres que les dĂ©penses associĂ©es Ă leur amĂ©nagement et leur entretien). Beaucoup souhaitent se garer au plus prĂšs. Sâils pouvaient rentrer dans le magasin en voiture ils le feraient ! Nous avons le mĂȘme type de comportements (et dâincivilitĂ©s) autour des Ă©coles (pourtant par nature une Ă©cole est proche du lieu dâhabitation).
La gratuitĂ© du stationnement est une catastrophe. La mairie de Tours sâen rappelle encore. Elle avait cĂ©dĂ© Ă une demande des commerçants sur le sujet. 6 mois aprĂšs les mĂȘmes commerçants ont demandĂ© Ă revenir en arriĂšre. Les voitures ventouses sâĂ©taient multipliĂ©es. Avoir des zones bleues pourquoi pas (dâailleurs elles existent). Mais les multiplier demande aussi une multiplication des contrĂŽles (et donc une hausse du personnel et â in fine â des impĂŽts pour les financer) (et rĂ©duire les subventions Ă des associations ne suffira pas).
Les voitures insĂ©curisent le piĂ©ton, bouchent la vue sur les façades commerciales. La piĂ©tonisation permet une atmosphĂšre plus chaleureuse (on le voit notamment lors de la fĂȘte du sport ou paradoxalement avec le bouchon blĂ©sois quand la rue Denis Papin est piĂ©tonnisĂ©e). Mieux, un piĂ©ton consomme en moyenne plus quâun automobiliste et reste plus longtemps en ville. Qui voudrait aujourdâhui retrouver des voitures rue du commerce ? Personne.
đžLâaction municipale
Contrairement Ă ce que jâai pu lire ailleurs la municipalitĂ© a eu conscience du problĂšme trĂšs tĂŽt. DĂšs 2020 (en dĂ©but de mandat donc), en tant que vice-prĂ©sident de la commission de dĂ©veloppement du territoire jâai participĂ© Ă une OpĂ©ration ProgrammĂ©e dâAmĂ©lioration de lâHabitat en Renouvellement Urbain (OPAH-RU). Pour faire simple le principe Ă©tait de rendre attractif le centre en sâattaquant au fond du problĂšme : les locaux. En lien avec lâAction CĆur de ville (ACV) nous avons alors contactĂ© tous les propriĂ©taires (2 % de retour de mailing seulement donc nous sommes allĂ©s directement sur le terrain en porte Ă porte) et proposĂ© des solutions (en rĂ©unissant les propriĂ©taires Ă lâhĂŽtel de ville Ă plusieurs reprises). Devant la difficultĂ© dâavoir des rĂ©ponses satisfaisantes parfois nous avons dĂ» passer Ă lâĂ©tape supĂ©rieure et appliquer des mesures plus coercitives (câest lâOpĂ©ration de restauration immobiliĂšre (ORI), lancĂ©e en octobre 2024). Ă ceci sâajoutent de nombreuses aides (bonus Ă lâinstallation, aide Ă la restauration des façades notamment, dispositif Renovâ habitat avec Agglopolys AgglomĂ©ration de Blois, ouverture dâun point dâinformation sur la reconquĂȘte de lâĂźlot Denis Papin etc.). Quand les propriĂ©taires sont favorables Ă prendre les choses en main restent encore certaines difficultĂ©s (accĂšs au prĂȘt, disponibilitĂ© des artisans et des matĂ©riaux, rĂ©duction des aides de lâĂtat (C2E), problĂšmes de copropriĂ©tĂ©s etc.)
Dâautres actions connexes sâajoutent Ă cela. La crĂ©ation des deux navettes gratuites (et la projection dâune troisiĂšme notamment avec lâidĂ©e dâun parking relais), la crĂ©ation de nombreuses activitĂ©s (marchĂ© aux fleurs, marchĂ©s nocturnes, Des Lyres dâĂ©tĂ© etc.), la rĂ©vision du pĂ©rimĂštre de sauvegarde et de mise en valeur du site patrimonial remarquable etc. Il reste encore dâautres pistes possibles (permis de louer, ravalement obligatoire, subvention au diagnostic technique, renforcement de la police sanitaire etc.)
Certains opposants affirment que la mairie devrait prĂ©empter et racheter. Elle en a la possibilitĂ© et a exprimĂ© clairement la volontĂ© de le faire. Elle a obtenu le soutien dâAgglopolys pour ça. Cependant elle ne rachĂštera pas toute la rue. Le coĂ»t serait astronomique. Une fois encore certaines oppositions ont le carnet de chĂšque facile. Facile quand on ne gĂšre pas la ville alors que les contraintes sont de plus en plus fortes sur les collectivitĂ©s. Dâailleurs ils se gardent bien de dire oĂč ils prendront lâargent. De la dĂ©magogie pure.
Les rĂ©sultats se font dĂ©jĂ sentir. La ville de Blois a gagnĂ© lâappel Ă manifestation dâintĂ©rĂȘt (AMI) « DĂ©monstrateurs de la ville durable » lancĂ© par lâĂtat, ce qui permettra dâavoir un appui financier. De nombreuses nouvelles enseignes sont apparues (lâarborĂ© Sens, La bijouterie des rives de Loire, Jade Monarque, Seoulo, addeconfetti, The beard brothers, optique Lafayette, Pino Gelato, MarchĂ© au beurre, bottega Italia, Fylos, Imua, Des habits et moi, La maison, Passion beautĂ©, Draco geek shop âŠ).
JâĂ©tais hier soir au marchĂ© nocturne et jâai vu une ville qui bouge, active, avec de nombreux touristes. Une ville joyeuse en fait. Bien loin des propos que je peux lire sur les rĂ©seaux. Câest peut-ĂȘtre pour cela que jâai de plus en plus de mal Ă Ă©crire (mĂȘme si jâai Ă©tĂ© trĂšs long aujourdâhui). Les postures de chacun sans rĂ©el argumentaire me fatiguent.
Belle journée à vous (et navré pour la longueur du propos)




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