Bilan des élections : Notre système est malade
La prime au sortant, méritée et inquiétante ; une abstention dramatique qu'on fait trop vite parler. Le système fonctionne par inertie jusqu'à la prochaine crise, et chacun fera le surpris. À gauche, il faudra prendre le meilleur de chacun, renouveler, féminiser — et refaire de la politique plutôt que la lutte des places.

Après une nuit de sommeil courte mais méritée c’est le moment de revenir plus tranquillement sur les résultats d’hier.
Au niveau régional :
En région Centre-Val de Loire comme partout ailleurs la prime est allée au sortant. C’est à la fois mérité et inquiétant. Mérité car le bilan de François Bonneau est objectivement bon. Dans cette période difficile il n’est pas étonnant que les électeurs cherchent une valeur sûre. Finalement la tactique de la fusion au deuxième tour avec Charles Fournier a été validée par les électeurs. J’aurai aimé une fusion au premier tour, j’avais sans doute tort.
Néanmoins comment ne pas être effrayé du niveau dramatique de l’abstention ?! Que représentons-nous dans de telles circonstances ? Désaveu ? Désintérêt ? Difficile à dire, on a toujours tendance à faire parler les abstentionnistes alors que chacun d’eux a peut-être des motifs particuliers.
Ce qui est certain c’est que notre système est malade. Il continue de fonctionner par inertie jusqu’à la prochaine crise (qui suivra celle des bonnets rouges et des gilets jaunes). Chacun fera alors le surpris alors que c’est tellement prévisible. Sans changement radical (notamment de constitution, de génération aussi) je ne vois pas comment on pourrait éviter des troubles majeurs.
Au niveau départemental :
Là aussi la prime au sortant aurait dû jouer. Elle n’a pas joué à plein devant l’incapacité du sortant à se représenter. Une bataille d’influence se jouera désormais entre les héritiers de Perruchot et de son système et une autre droite autour de Bioulac.
Bien sûr c’est décevant pour la gauche. Nous avons réussi à nous unir mais sans forcément aller tout au bout de la démarche. Nous avons réussi à partager ces moments, nous faire confiance et quelque chose est né. Pourtant il y avait beaucoup d’incertitudes au début. Maintenant il nous reste à rendre plus crédible aux yeux des citoyens cette réalité que nous vivons de l’intérieur.
Nous avons pu confronter des cultures politiques différentes et nous enrichir par le dialogue entre nous. La gauche a été présente partout. A fait des scores supérieurs à ceux des élections précédentes. Elle peine néanmoins dans les endroits les plus ruraux et les plus délaissés malgré des résultats encourageants. Cela montre que la gauche a failli auprès de ceux qu’elle devait défendre.
Au niveau national
LREM ne représente rien ou si peu. Le RN s’érode lentement mais sûrement (c’était déjà valable aux municipales). Ces campagnes ont été aussi révélateur de nos faiblesses et de nos carences à gauche. EELV capte mieux la jeunesse que le PS. Mais EELV manque de diversité et se cantonne trop au monde urbain. Le PCF et le PS ont des structures proches mais assez différentes des mouvements comme LFI, Gs ou LFI. Il faudra être capable de prendre le meilleur de chacun pour former une alternative crédible.
Renouveler la classe politique. Forcer à une plus grande parité dans nos instances, à une plus grande diversité sociale. Peu de femmes dans les négociations entre partis par exemple. Au PS il faut faire ses preuves à un échelon pour monter à celui d’au-dessus. Cela semble logique mais cela a des inconvénients aussi. La droite a le même problème (leur liste aux départementales ne présentait que des maires ou presque par exemple). Une démarche plus citoyenne est nécessaire sans doute, garantie par des statuts qui permettraient d’éviter les dérives. Il y a beaucoup de chemin à faire. Peut être trop pour éviter un drame aux présidentielles dans moins d’un an. Mais il faut y croire pourtant. Un nouveau quinquennat de Macron nous amènera un drame social. Une arrivée au pouvoir de Marine Le Pen le chaos.
Il faudra sans doute prendre à bras le corps des débats de fond, refaire de la politique en fait plus que de la lutte des places. Quelles sont nos positions sur la laïcité ? Le féminisme ? L’universalisme ? La politique énergétique ? Économique ? Les relations internationales ? L’UE ? Nous devons trouver un consensus sur ce que nous voulons faire pour présenter un projet crédible aux citoyens.




Réagir à cet article