Benjamin Pillerault, une deuxième vie après l'amputation
Huit ans de douleurs, deux amputations, et une rééducation menée sans griller les étapes. Il lui manque une lame pour courir — près de 12 000 euros, que ni la Sécurité sociale ni la mutuelle ne remboursent.
Une leçon de courage de la part de Benjamin Pillerault. Impressionnant.
Une cagnotte est disponible en ligne pour l’aider.
“Une deuxième vie débute après l’amputation” (NR)
Amputé tibial, Benjamin Pillerault, 32 ans, de Muides-sur-Loire, poursuit sa rééducation dans l’Indre. Il souhaiterait s’acheter une lame pour courir.
En aucun cas, il ne compte griller les étapes de sa rééducation. Jour après jour, semaine après semaine, Benjamin Pillerault poursuit sa convalescence en dosant ses efforts. Né avec un pied-bot, il a subi, étant bambin, deux opérations. « Par la suite, pendant plus de vingt ans, je n’ai eu aucun problème. J’ai pu devenir éducateur sportif. »
Du jour au lendemain, il est victime d’une importante décalcification au pied droit – celui handicapé de naissance – due à un manque de vitamine D. « Je faisais des entorses à répétition. À chaque mouvement, des os se cassaient, infectant le sang, non sans incidence sur le cœur, confie-t-il. J’ai fait des examens. On m’a trouvé trois maladies différentes qui se contredisaient. J’ai vu plusieurs chirurgiens, rhumatologues et cardiologues. Chacun se renvoyait les uns aux autres. »
L’amputation comme solution
Un chirurgien décide de le soigner en réalisant une arthrodèse, visant à fixer une plaque au niveau de son pied. « Seulement, les os ont continué à se décalcifier. D’autres spécialistes m’ont dit que ça ne tiendrait pas. J’avais des douleurs en permanence. » Malgré tout, il reprend son travail sur un pied très abîmé.
L’amputation est apparue comme la solution. « Quatre ans se sont écoulés entre mon opération du pied et l’amputation. » Pour se préparer à la perte d’un membre, pour apprendre à effacer les douleurs du membre fantôme, il se rend, avant l’intervention chirurgicale, au centre de rééducation de la Tour Blanche à Issoudun.
Une cagnotte pour se payer une lame L’amputation tibiale a lieu fin novembre 2017 à Tours. « Ce jour-là, j’étais serein. J’étais sûr de mon choix, reconnaît Benjamin. Même au réveil, je me suis senti soulagé. Après trois jours d’hospitalisation, je suis sorti. Les douleurs n’étaient rien comparées à celles que j’avais connues juste avant. »
Maintenant, je sais rire de mon amputation que je vois vraiment comme une deuxième vie. J’en plaisante pour dédramatiser.
Benjamin Pillerault, Muides-sur-Loire
Il entame alors sa rééducation au centre d’Issoudun, où il reste pendant une à deux semaines avant de rentrer chez ses parents à Muides-sur-Loire. « Là-bas, je travaille avec un kinésithérapeute pour retrouver de la mobilité. Je suis des séances de sport et de psychologie. L’haptonomie me permet de mieux ressentir mon corps. » Trois semaines après, il marche à nouveau, mais une complication intervient. « Ma peau était en train de se déchirer, le matelassage n’étant pas assez épais. »
Une deuxième amputation
Le 21 mars dernier, il subit une deuxième amputation. « J’ai été réopéré pour 2 cm, puis cette fois, j’ai attendu six semaines pour marcher. » Il découvre sa prothèse provisoire avant de recevoir la définitive. « Mais elle n’est pas adaptée pour faire du sport. Pour courir, j’aurai besoin d’une lame », explique Benjamin, qui est ailleurs passionné de sports d’eau. Une telle prothèse coûte près de 12.000 € (non remboursée par la sécurité sociale et la mutuelle).
Le jour de son anniversaire, le 26 avril, l’une de mes sœurs a publié un message sur sa page Facebook, en lançant une cagnotte. Près de 4.000 € ont été collectés à l’heure actuelle. Après avoir galéré et éprouvé de vives douleurs pendant huit ans, le trentenaire se fixe comme buts de marcher sans boiter et de dormir enfin normalement. Pour évacuer toutes ses émotions, il écrit sur sa page Facebook. « Maintenant, je sais rire de mon amputation que je vois vraiment comme une deuxième vie. J’en plaisante pour dédramatiser. »




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