À propos des silences politiques
À propos des silences politiques : celui de Pompidou sur l'affaire Gabrielle Russier, un poème d'Éluard en guise de réponse, et la grâce qu'il avait préparée sans le dire.
On a beaucoup parlé du silence de M.Trudeau le premier ministre canadien. Les silences politiques sont des actes forts et ceci d’autant plus que le bruit médiatique est important.
Un silence qui m’a marqué (même si je n’étais pas né) c’est celui de M.Pompidou sur l’affaire Russier.
“Je ne vous dirai pas tout ce que j’ai pensé sur cette affaire. Ni même d’ailleurs ce que j’ai fait. Quant à ce que j’ai ressenti, comme beaucoup, eh bien,
Comprenne qui voudra !
Moi, mon remords, ce fut
la victime raisonnable
au regard d’enfant perdue,
celle qui ressemble aux morts
qui sont morts pour être aimés.
C’est de l’Éluard. Mesdames et Messieurs, je vous remercie“.
Le poème est en effet de Paul Éluard, écrit dans un tout autre contexte, celui de l’épuration (et de la “collaboration sentimentale” de nombreuses Françaises avec des soldats allemands).
Ce que l’on sait moins sans doute c’est que le même Pompidou avait préparé une grâce pour Mme Russier.
Finalement les parents ont regretté leur plainte, Rossi a fait sa vie. Aznavour a écrit “Mourir d’aimer”, Annie Girardot a été flamboyante dans le film du même nom.




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