3919 : Ce n'est pas une personne qui défaille, c'est le système
Le Président a passé deux heures mardi au siège du 3919, la ligne d’écoute, de soutien et d’orientation dédiée aux femmes victimes de violences conjugales. En position d'écoute, le chef de l'État a entendu le drame humain qui se jouait devant lui et la froideur du militaire qui parlait sans savoir qui l'écoutait. Maintenant qu'il sait, que va-t-il faire ? Les premiers signaux du Grenelle sont mauvais.

Pour une fois je tiens à saluer l’attitude du chef de l’Etat. Mis en phase avec la réalité et en position d’écoute il a certainement entendu le drame humain qui se jouait devant lui et la froideur glaciale du militaire borné (chaque corps de métier a ses abrutis) qu’il écoutait sans qu’il le sache.
Maintenant qu’il sait ce que beaucoup n’ignorent plus depuis longtemps que va-t-il faire ? une simple enquête ? Mais ce cas n’est pas un cas rare mais très fréquent. Ce n’est pas une personne qui défaille, c’est le système.
Mais ce soir les premiers signaux provenant du fameux (fumeux ?) “Grenelle” sont mauvais. Inquiétant…
“L’écoutante prend les commandes : «Bonjour madame, qu’est-ce qui vous amène vers moi ? Vous êtes à la gendarmerie en ce moment, c’est ça ? Pouvez-vous m’expliquer votre situation. Vous voulez prendre vos affaires qui sont à votre domicile mais votre mari y est ? […] C’est la mission de la gendarmerie de vous protéger.» De questions en paroles rassurantes, le profil de la victime se dessine. En couple depuis quarante ans, grands enfants qui ne sont plus à la maison, les coups qui ont commencé à tomber. Les premières plaintes. Une chimio qui est venue pourrir encore davantage la vie. Le Président baisse les yeux. L’immersion est amère. L’écoutante résume : «Cette dame a été menacée de mort. Elle veut qu’un gendarme l’accompagne chez elle, pour prendre quelques effets et échapper à l’enfer. Le gendarme refuse.» Le Président lève les yeux au ciel. La tension monte dans la petite pièce.
«Passez-moi le gendarme», demande l’écoutante. Avec une douceur bien ferme, elle énonce : «Ecoutez monsieur, normalement nous n’avons pas ce genre de refus. Avez-vous un problème d’effectif ?» ; «Quel article de loi vous empêche de l’accompagner ?» ; «Votre rôle est de protéger les citoyens» ; «Madame est en danger !»… Le gendarme désespère Macron. Il exaspère la secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, qui est aussi du déplacement. Mais la règle du jeu a été fixée. Emmanuel Macron est là incognito. Impossible de passer une avoinée au représentant buté des forces de l’ordre.“




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