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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Ukraine

Ukraine/Pologne/UE Analyse une nouvelle fois très pertinente de Stéphane Audrand

L'analyse de Stéphane Audrand : la Pologne ne bâtit pas une force autonome mais mise tout sur Washington. Sans son armée, aucune force d'interposition crédible en Ukraine — et les Baltes pourraient rester seuls.

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“ Non, la Pologne ne construit pas une force armée autonome, mais a l’ambition d’être la première force au sol de l’OTAN, sous commandement et participation des Américains. Ce qui me confirme dans mon analyse de l’effort de réarmement polonais. Non, la Pologne ne construit pas une force armée autonome, mais a l’ambition d’être la première force au sol de l’OTAN, sous commandement et participation des Américains. Le pays est engagé dans une relation bilatérale forte avec Washington.

Je pense que la suite, pour Varsovie, est d’aller négocier l’installation d’armes nucléaires US sur son sol. L’autonomie européenne n’intéresse pas Varsovie. Je pense que l’analyse polonaise depuis 3 ans est qu’en dehors de la présence de soldats américains sur son sol et d’une garantie nucléaire américaine, point de salut.

Comment en vouloir à la Pologne sur le plan historique de faire ce pari ? En tous cas, on voit que la coalition “volontaire” en Europe c’est plutôt une forme de ligue baltique avec le soutien de Londres et Paris (pour l’instant).

Mais la France et le Royaume-Uni sont bien fragiles… Les Anglais sont toujours à risque de rentrer dans le rang de l’allié américain et les Français sont à la merci de l’élection de MLP en 2027 et d’un pivot pro-russe.

En résumé, les Scandinaves et les Baltes pourraient se retrouver rapidement seuls. Je pense qu’ils l’ont compris et qu’ils ont intérêt à serrer les rangs et à préparer leur défense sans nous. Tant que les Américains étaient là, physiquement, dans les pays baltes, c’était une des zones les plus solides de l’Alliance. Le possible départ envisagé par Trump change tout. Poutine veut revenir dans les frontières de 1991 ET reconstituer sa zone d’influence en démolissant l’OTAN et l’UE, en faisant reculer ces deux organisations intégratrices dans leurs frontières d’avant la chute du mur. Et quand je dis “Poutine”, c’est avant tout la génération d’oligarques au pouvoir en Russie et qui ont besoin de cette expansion impériale pour assurer la pérennité de leur pouvoir mafieux et prédateur, sans alternative démocratique porteuse d’alternative à leur frontière. La Pologne espère donc ne pas être au menu en s’armant et en faisant tapis sur les États-Unis. Un calcul qu’avait fait le Danemark. Espérons pour les Polonais que ce calcul sera fondé, même s’il se fait au détriment du destin du continent et de l’Ukraine.

Sans l’armée polonaise, et face à l’égoïsme aveugle des pays d’Europe occidentale, une force d’interposition en Ukraine ne sera pas crédible. Et elle devra, pour tenir dans la durée, accepter la présence de pays non européens.

La vérité est que, on l’a encore vu hier, il n’y a pas de coalition assez forte en Europe pour s’engager dans ce conflit sans les Américains. C’était vrai en 2022, ça l’est toujours en 2025. Tout le reste, c’est du blabla…

Rendez-vous dans trois à cinq ans pour la submersion des pays baltes par la Russie, qui à ce train sera l’occasion d’un mélange de soumission veule, de gesticulation et d’apathie, sur fond de sanctions qui n’en sont pas et de hausse des importations de GNL russe.“

Ukraine/Pologne/UE

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