Situation au 28 au matin.
Les échecs successifs poussent Poutine à la fuite en avant : des missiles Iskander tirés depuis la Biélorussie, dont l'effet psychologique tient à ce qu'ils peuvent porter une charge nucléaire.

Pour une fois j’aborderai peu le front militaire. Comme prévu hier la situation s’oriente vers un encerclement et une intensification des combats dans les plus grandes villes ukrainiennes : Kiev, Kharkiv, Marioupol.
Les colonnes de blindés russes paraissent vulnérables. Cette nuit une enième colonne a été détruite à Makariv (au Nord-Ouest de Kiev) empêchant l’encerclement total de la ville.
Ces échecs ont poussé Poutine à la fuite en avant. Plusieurs missiles ballistiques (des isklanders) ont été tirés depuis la Biélorussie (coupant peut-être la voie ferrée vers Lviv et la frontière polonaise). L’utilisation de ces missiles a un impact militaire relatif mais un impact psychologique considérable puisque ces mêmes missiles peuvent recevoir une charge nucléaire.
Le temps presse, les sanctions économiques commencent à toucher pleinement la Russie. Le rouble s’effondre de 40% ce matin alors que le change de la monnaie est interdit. La population russe multiplie les formes d’opposition à la guerre. Les mères de combattants consultent le site des prisonniers de guerre construit par l’Ukraine, les scientifiques et le monde de la culture ont fait une grande pétition, les manifestations continuent à Moscou malgré la menace de 20 ans d’emprisonnement en cas d’arrestation. On ne rappellera jamais assez que Poutine ne représente pas le peuple russe. Ça se voit. Au sommet de la pyramide sociale, des premiers politiques et oligarques commencent à prendre leurs distances.
Si Poutine ne gagne pas vite, il est mort. Il le sait. Il envoie donc sur le front de nouvelles troupes (marines au Sud pour prendre Marioupol, Tchétchènes de Kadyrov au Nord, positionnés à Tchernobyl en ce moment). Les bombardements gagnent en intensité mais pas en précision (une école a été touchée entraînant la mort de trop nombreux enfants hier). La guerre de la communication est déjà perdue par les Russes. De nombreux actes de bravoure ukrainiens sont relayés heure par heure (le paysan qui vole un tank restera sans doute dans les annales du conflit par exemple). Chacun partage photos, vidéos, d’autres localisent et aident à répondre à l’attaque. Zelensky paraît moderne, Poutine paraît d’un autre siècle.
Dans le même temps l’occident (et surtout l’Union européenne) se montre étonnamment efficace dans sa riposte. Elle a coupé les relais de propagande russe (Sputnik et RT), elle accepte d’acheter et de fournir des armes létales à l’Ukraine, y compris des avions de chasse. Comme le temps presse c’est certainement la Slovaquie qui donnera ses Mig-29 (bien connus des Ukrainiens ce qui évitera un long temps de formation). La Pologne et la Bulgarie seraient aussi sur les rangs pour donner de leur matériel. La maîtrise du ciel va être essentielle pour empêcher les blindés d’envahir les villes. Mais paradoxalement si l’aviation russe ne gagne pas le ciel le recours aux missiles va s’accentuer (chers et potentiellement nucléaires). Les drones n’ont pas été évoqués dans les communications occidentales, pourtant on peut voir chaque jour leur efficacité. J’espère que les Turcs et les Européens en fournissent aux Ukrainiens. On le saura sans doute après la guerre.
L’Europe de la défense est née hier. Dans la douleur comme à chaque fois. Le monde a changé. Le discours d’Olaf Scholz au Bundestag a entériné le basculement complet de la doctrine militaire allemande (et donc européenne). Ceux de von der Leyen et de Borrell en sont la conséquence directe. L’Europe a compris qu’elle était collectivement en danger et répond de manière collective. L’adhésion de l’Ukraine une fois la paix revenue devient un sujet et de nombreuses voix la réclament. Le continent retrouve son unité contre un ennemi commun.
La crainte que l’on peut tous avoir c’est celle de l’extension du conflit. Elle est hélas probable à mon sens. Poutine en faisant intervenir le Bélarus directement dans la guerre a choisi cette extension. Le Kosovo demande à l’OTAN de créer une base militaire sur son sol et le Danemark envoie ses soldats volontaires pour aller au combat. La Norvège et la Finlande envoient du matériel militaire malgré les récentes menaces russes.
Cependant l’armée russe semble déjà trop en difficulté pour se permettre d’ajouter d’autres fronts. Mais avec Poutine rien n’est sûr hélas. Marioupol devrait tomber relativement vite. Odessa sera la prochaine cible pour relier la Russie à la Moldavie déjà partiellement occupée…
il devient urgentissime de “débrancher” Poutine. Par tous les moyens possibles.




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