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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Ukraine

Situation au 27 au matin.

Les combats gagnent les banlieues de Kiev et de Kharkiv. Derrière la manœuvre, une logique : relier la Transnistrie au Donbass en passant par la Crimée, ce qui suppose de faire tomber Odessa.

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Le conflit devrait progressivement changer de visage. Les combats sont désormais dans les banlieues des deux plus grandes villes (Kiev et Kharkiv). Marioupol devrait bientôt être encerclée (si ce n’est déjà fait). Il y a une forte volonté stratégique de relier la Transnistrie (possession russe en Moldavie) au Donbass en passant par la Crimée. Pour cela il faudra faire tomber Odessa aussi. Les renforts viendront sans doute de la mer Noire et la mer d’Azov. Pendant ce temps la Turquie a fermé le détroit du Bosphore aux navires russes.

Poutine confirme sa logique jusqu’au-boutiste. Malgré de grosses pertes et une maîtrise des airs incomplète il continue d’avancer ses pions. L’armée russe a pourtant de gros problèmes de logistique (essence, réparation, vivres) et essuie de sérieux revers contre une armée fragile mais courageuse.

Les pays occidentaux accentuent leur pression (retrait partiel de SWIFT, fermeture de l’espace aérien, gel des fonds russes et de la banque centrale). Le temps joue pour le camp occidental. La Russie vit sur ses réserves créées pour le conflit. Tout est sans doute allé trop loin pour se terminer par une forme de statu quo. La Russie sera défaite ou l’occident vivra sous pression russe.

Ce matin il y a une seconde offre de négociation/reddition faite par le Kremlin. Les conditions en sont ridicules mais montrent que la Russie souhaite finir le conflit malgré tout. Pas certain du tout qu’elle puisse se permettre un long conflit. La population russe commence à bouger, les chaînes de télé ont été piratées par anonymous, les informations fuitent. L’Ukraine a mis en place un site pour que les mères voient leur enfant prisonnier. La communication de RT paraît de plus en plus en décalage. En clair, ça se voit.

Une extension du conflit reste à craindre. En Moldavie principalement mais aussi en Scandinavie et dans les pays baltes. La Pologne et la Roumanie sont aussi des éléments essentiels pour l’aide occidentale. La situation dans les Balkans (et notamment en Bosnie) est extrêmement inquiétante. Dans le même temps la Biélorussie va “voter” aujourd’hui pour autoriser l’implantation d’armes nucléaires russes sur son sol.

Plus grave pour la Russie des frappes de drones touchent ses troupes. Cela veut dire que l’armée de l’air d’Ukraine existe encore. Ce sont ces drones qui pourraient décider de l’issue du conflit. À la place des pays de l’OTAN je fournirais l’Ukraine illico presto en matériel de ce type. Peut-être le font-ils déjà (la Turquie semble sur cette approche).

Hélas le pire semble à venir pour les populations civiles urbaines d’Ukraine. Leur héroïsme est incroyable. La population allant à l’encontre des blindés parfois sans arme pour les freiner.
Les Ukrainiens savent que désormais il n’y aura pas de demi-mesure. Ils en sortiront libres ou soumis pour de très nombreuses années.

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