Jour 34 : Défaite consommée.
Moscou annonce « réduire radicalement » son activité autour de Kiev ; sur le terrain, les Ukrainiens reprennent Irpin et fixent la ligne de front sur la M-06. Le recul du nord permet de renforcer le Donbass.

Même s’il faut se méfier des annonces russes (je vous racontais hier la différence entre « partir à l’Anglaise » et « partir à la Russe »), le terrain ne ment pas lui. Et la défaite est sévère dans la banlieue Ouest et Est de Kyiv.
La Russie annonce donc « réduire “radicalement” son activité militaire dans les régions de Kiev et Tcherniguiv en Ukraine » pour « accroître la confiance » (sic).
Dans les faits, les Ukrainiens ont repris Motyzhyn, Lisne, Kapitanivka et Dmytrivka et bien évidemment la totalité d’Irpin. Ce qui leur permet de fixer la ligne de front autour de l’Autoroute M-06 et donc à terme de retrouver un axe permettant de relier Kiev à l’Ouest directement sans passer par le sud. À terme, l’armée russe risquait de se retrouver encerclée en cas de prise d’Ivankiv.
Cette zone étant peu peuplée (et radioactive au Nord). Il ne leur reste donc que deux axes Bucha-Borodianka et Dymer- Ivankiv (qui remonte à la frontière biélorusse).
Les troupes russes ont même dû abandonner des villes conquises comme Slavutych à la grande surprise du maire. Les renforts arrivent mal par la Biélorussie. De nombreux sabotages de trains par les cheminots entravent l’action de l’armée russe.
À l’Est de Kyiv on est sur le même recul le long des deux axes là aussi :
Brovary - Pryluky.
Brovary – Chernihiv
Sur ces axes les Russes ne contrôlent pas certaines villes (Kozelets, Brobrocystia, Ichnia, Konotop…) Ils sont face à une guérilla permanente qui casse le matériel et le moral des troupes. Ils ont perdu encore 15 km hier avec la prise de Pryluky qui pourrait carrément les encercler. Le recul est donc nécessaire pour les forces russes.
Mais ce recul permet aussi un renforcement des troupes au Donbass. L’axe Kharkiv-Izium est toujours coupé par les forces russes. Pire, le maire de Balakliia a trahi hier et rejoint les forces russes (c’est le deuxième depuis le début de la guerre). Si l’étau se desserre autour de Kharkiv (prise de Topolske et Kamyanka) la situation est plus difficile à Izium (malgré des victoires hier au sud de la ville).
Lysychansk et sa jumelle Sievierodonetsk (les villes sont chacune sur une rive du Donets) croulent sous les bombes et deviennent des villes martyrs, avec peu d’espoir de renforts rapides. Du côté russe, des images assez étonnantes de jeunes conscrits de la “République populaire” de Donetsk se plaignant d’avoir été envoyés dans la région ukrainienne de Soumy comme chair à canon sont visibles. Cela semble être confirmé par les décès sur le terrain.
Marioupol résiste. Des images effroyables sont disponibles. Des exactions terribles en provenance des deux camps. Les forces russes progressent péniblement. Les forces tchétchènes affrontent Azov. Les « règles » de la guerre n’existent plus. La ville est rasée. 5000 morts au minimum.
Sur le front de Kherson, les forces ukrainiennes avancent doucement (prise d’Arkhanhelske hier), toujours dans l’objectif de reprendre la rive Ouest du Dniepr puis de reprendre la seule ville majeure détenue par les Russes aujourd’hui. Cette ville est la porte de la Crimée et d’une zone peu peuplée (1 million d’habitants seulement). Si le verrou de Kherson saute, la région pourrait basculer vite.
Les occidentaux parlent moins mais agissent malgré tout. De nouvelles armes (notamment britanniques) arrivent notamment le missile Starstreak. Un missile à courte portée capable de filer à Mach 4. Très efficace contre les avions russes. De nouveaux avions américains permettant des frappes au sol vont être déployés pour la première fois en Europe.
Une manière de se préparer au cas où… Ou d’appuyer les négociations qui ouvrent aujourd’hui en Turquie.




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