Jour 313 : « Il faut toujours écouter Poutine »
Poutine en héritier autoproclamé de Pierre le Grand, une grille de lecture qui explique son refus de négocier. Sur le terrain, des frappes moins massives mais plus fréquentes, un front bloqué faute de gel, et Sébastien Lecornu qui annonce une offensive terrestre russe en février-mars.

Bonjour à tous, navré de cette absence prolongée. Tout va bien, j’ai juste pris une pause pour Noël et la situation sur le terrain bougeait peu (malgré une mortalité toujours très élevée hélas).
Je profite donc du deux janvier pour vous réitérer mes meilleurs vœux de bonheur pour 2023 à tous. Profitez de cette multitude de moments précieux que vous pouvez partager avec votre famille ou vos amis.
🔸 Le titre choisi peut paraître provocateur mais il ne l’est pourtant pas. Je suis toujours surpris du manque de compréhension occidental sur Poutine. De son point de vue il ne représente pas la Russie, il est la Russie. La nuance est de taille et explique en bonne partie des prises de décisions qui peuvent nous sembler irrationnelles. Poutine se voit comme un nouveau Pierre le Grand (1672-1725). Il y fait souvent référence dans ses discours. Il aime l’idée d’être celui qui fera renaître le titre d’Empereur de toutes les Russies. L’histoire décidera de la trace que Poutine laissera mais il a des différences fondamentales avec son modèle. Pierre le Grand était un dirigeant moderne, ouvert sur le monde. Il avait compris le retard pris par son pays et avait cherché à se rapprocher de l’occident. S’il partage avec Poutine un certain absolutisme c’était un homme de son temps. Poutine lui représente un Empire disparu, celui de l’URSS. Son mode de pensée est conditionné par sa position d’ancien agent du KGB. Cela se perçoit dans sa manière d’éliminer ses opposants putatifs mais aussi dans la paranoïa absolue concernant sa propre personne. Hier encore il a posé avec des acteurs pour sa propagande sans oublier de revêtir un gilet pare-balles.
Poutine ne cherche pas à occidentaliser la Russie donc mais à faire à peu près l’inverse. L’évolution du monde (notamment au niveau des mœurs) est perçue comme un danger. La survie de la Russie passant selon lui par l’éradication de ce danger. Cela explique une politique jusqu’au-boutiste. Poutine ne cédera pas, ne négociera pas. Le faire c’est perdre la Russie telle qu’il se l’imagine. Une Russie intemporelle qui résisterait à l’évolution. Il dépensera toutes les forces russes pour l’empêcher. Même si la crise démographique et la crise économique mettent le pays à genoux. Peu importe les pertes humaines (qui n’ont d’ailleurs jamais eu de grande importance dans l’histoire russe). Pour gagner la guerre il faudra faire chuter Poutine, parce qu’il ne changera pas.
🔸 Si nous l’avions compris nous aurions pu terminer cette guerre en fournissant plus de matériel et plus vite. Le problème n’est pas matériel (encore qu’en Europe on a peu de réserve) mais politique et militaire. Politiquement on souhaite éviter d’être considéré comme belligérant. Militairement on pense que l’armée ukrainienne ne perdra plus et on n’est pas certain de vouloir la faire gagner pour autant (hélas). Le statu-quo affaiblit la Russie et ça nous arrange même si c’est lâche. Et c’est bien dommage car il reste beaucoup de matériel de la guerre froide disponible. Et ils ont été conçus pour ce type de combat. Il est possible que si la guerre s’éternise le ressentiment devienne de plus en plus fort contre l’occident. Il l’est déjà contre l’Allemagne (et à un moindre degré contre la France).
🔸 Sur le front.
Les forces russes ont changé de tactique de bombardement. Avant ils faisaient un bombardement massif une fois par semaine (souvent le lundi ou le mardi), maintenant ils frappent de manière moins massive mais plus régulièrement (4 jours de suite). Tant mieux pour l’Ukraine, le taux d’interception augmente. On retrouve de nouveaux drones iraniens. Le stock livré récemment se consomme donc sans faire beaucoup de dégâts (Même si chaque victime est une de trop). Pas de trace des missiles que la Russie voulait acheter à l’Iran. Tant mieux car l’impact ne serait pas négligeable. De son côté l’Ukraine a pris l’habitude de frapper dans la profondeur, notamment la base d’Engels (650 km dans le territoire russe). Les dégâts restent mineurs mais la panique est réelle dans la défense aérienne russe. Un SU-27 a été récemment abattu par un tir ami dans la zone.
Les tensions se font jour aussi au niveau de l’artillerie. Certains soldats font part de leur mécontentement sur le fait de ne plus avoir de stock d’obus (élément essentiel de la stratégie de rouleau compresseur russe pourtant). L’Ukraine de son côté essaie de pallier la diminution des livraisons occidentales par la montée en charge de sa propre production.
Le ministre de la défense français (Sébastien Lecornu) paraît persuadé qu’il y aura une attaque terrestre russe en février-mars. Il doit être bien informé je suppose (même si nos services n’ont pas brillé sur l’anticipation de la première attaque). Je serai curieux de savoir avec quoi cette armée attaquera. Car la Russie arrivera à trouver de la nouvelle chair à canon par une nouvelle mobilisation mais quid du matériel ? Et il ne faut pas compter sur l’apport biélorusse dans le domaine. Les troupes ne seront assurément pas de meilleure qualité ni mieux équipées et encore moins mieux encadrées que celles issues de la 1ere vague de mobilisation. Ça ne sera donc que le prolongement de la guerre.
En réalité, sur le terrain la situation paraît bloquée pour l’instant. Les batailles actuelles sont des batailles d’attrition qui donnent un grand avantage à la défense (d’autant plus en zone urbaine). Les pertes humaines sont considérables, les villes du front des champs de ruine. Les forces ukrainiennes ne semblent pas avoir la force de percer les défenses russes et vice-versa. L’absence de gel ne permettant pas de grands mouvements de blindés. La négociation est impossible. Il faut un « game changer » et le plus vite sera le mieux. Sinon il faudra attendre que le sacrifice soit tel que le pays ne peut éviter la négociation. La seule limite de la Russie étant celle de la personne de Poutine. La limite de l’Ukraine est loin d’être atteinte. Ce peuple a montré qu’il était prêt à tous les sacrifices pour rester libre.
🔸 En Bref (si cela veut dire quelque chose vu la taille de l’article):
- Russie : « Les élites occidentales ont assuré la Russie d’intentions pacifiques pendant des années, y compris dans le Donbass, mais en fait, elles ont soutenu les néo-nazis et se sont préparées à l’agression. » « L’Occident utilise le peuple ukrainien pour diviser la Russie et l’affaiblir, nous ne le permettrons jamais. » « La Russie a été poussée sur cette ligne. Soit tout abandonner ou se battre. Mais tant que nous avons des gars, bien sûr, il ne faut rien abandonner. Vous avez juste besoin de vous battre. En avant. Doucement. Calmement » « 2022 fut une année forte d’évènements décisifs jetant les bases de la véritable indépendance de la Russie. Nous nous battons pour cela, en protégeant notre peuple sur nos propres terres historiques, dans les nouvelles régions. » « Nous avons toujours su, et aujourd’hui nous sommes à nouveau convaincus que l’avenir souverain, indépendant et sûr de la Russie ne dépend que de nous. De notre force et de notre volonté. La justesse morale et historique est de notre côté. » - Vladimir Poutine
Le Kremlin annonce que Vladimir Poutine n’enverra pas de vœux de bonne année à Joe Biden, Emmanuel Macron et Olaf Scholz « compte tenu des actes inamicaux qu’ils entreprennent en permanence ». Moscou assure que ses homologues n’envoient pas leurs vœux également.
Le Ministère russe de la Défense indique qu’environ 20 000 militaires vont être mobilisés dans la défense antimissile et antiaérienne pendant les vacances.
- Ukraine : « Ils ne nous retireront pas notre indépendance. Nous ne leur donnerons rien. » « Personne ne vous pardonnera la terreur. Personne au monde ne vous le pardonnera. L’Ukraine ne pardonnera pas. » « Toute cette guerre que vous menez, ce n’est pas la guerre contre l’OTAN et ce n’est pas pour quelque chose d’historique. C’est pour qu’une personne reste au pouvoir jusqu’à la fin de sa vie. » - Volodymyr Zelensky
Le directeur du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Budanov, affirme qu’une nouvelle vague de mobilisation commencera en Russie à partir du 5 janvier.
- Kyiv : Kiev a passé environ 700 heures sous les sirènes des raids aériens en 2022.
- Nord : l’armée russe a bombardé Leonivka de la région de Tchernihiv ;
- Kharkiv : l’armée russe a bombardé Vilna Sloboda, Esman, Katerynivka et Shalyhyne de la région de Sumy et Ohirtseve, Vovchansk et Novomlynsk.
- Kupiansk : L’armée russe essaie de rejoindre la rivière Oskil au Nord de Koupiansk. De son côté l’armée ukrainienne avance vers Kyslivka. L’armée russe a bombardé Andriyivka, Kupyansk, Kucherivka, Lyman Pershyy, Vilshana, Orlyanske, Kyslivka et Kotlyarivka ce matin.
- Svatove : Globalement les forces russes ont réussi à contrer la pression ukrainienne sur la ville. Les défenseurs ukrainiens ont repoussé une attaque russe vers Stelkhmakhivka.
Les forces russes ont utilisé les positions nouvellement acquises près de Ploschanka et ont tenté d’avancer vers Nevske mais sans succès. L’armée russe a bombardé Novoselivske et Myasozharivka ce matin.
- Kreminna : Les forces russes ont de nouveau tenté de regagner des positions précédemment perdues près de Chervonopopivka mais ont échoué. La prise de la route P66 reliant Kreminna à Svatove reste un objectif majeur pour les Ukrainiens. L’armée russe a bombardé Novoyehorivka, Ploschanka, Nevske, Chervonopopivka, Terny et Dibrova.
- Siversk : Les troupes ukrainiennes ont repoussé les attaques russes dans la zone de Bilohorivka.
- Bakhmut : Les combats se poursuivent à Soledar et Bakhmutske. Attaque russe près de Pidhorodne, sans succès. Les combats persistent également dans la région de Klishchiivka mais les troupes ukrainiennes résistent grâce à leurs positions fortifiées. La situation à Kurdyumivka reste floue. La ville est contestée. Attaque russe repoussée près d’Ozaryanivka.
Au niveau de la ville de Bakhmut en elle-même les combats continuent à Optyne (au Sud) et dans l’Est au niveau de la forêt située près de la zone industrielle.
L’armée russe a bombardé Berestove, Bilohorivka, Bakhmut, Klischiyivka, Kurdumivka, Stupochky, Bila Hora, Kostyantynivka et Dyliyivka
- Avdiivka : les attaques continuent contre Krasnohorivka et Kamyanka par les forces russes. Sans succès pour l’instant. L’armée russe a bombardé Vodyane, Heorhiyivka, Maryinka et Novomykhaylivka
- Donetsk : Il y avait eu des efforts russes en novembre, on n’observe quasiment rien en décembre (sauf au sud de Pisky). Les combats continuent à Marinka, New-York, et Pobieda. Pas d’avancée russe. L’armée russe a bombardé Neskuchne, Vremivka, Velyka Novosilka et Vuhledar
- Zaporizhzhia : Dans le secteur de Huliapolje une avancée ukrainienne vers Myrne et Zahirne et une progression russe vers Kostyantynivka. Poussée russe également au sud d’Orikhiv. L’armée russe a bombardé Novosilka et Novopil de la région de Donetsk et Olhivske, Zaliznychne, Orikhiv, Novoandriyivka, Scherbaky, Stepove et Musiyivka
- Kherson : L’armée russe a bombardé Tyahynka, Novotyahynka, Ponyativka, Daryivka, Sadove, Stanislav et Kherson
🔸 Ailleurs :
- Chine : « Nous sommes prêts à renforcer la coopération stratégique avec la Russie, à donner l’un à l’autre des possibilités de se développer, d’être des partenaires globaux pour le bien des peuples et dans l’intérêt de la stabilité mondiale. » - Xi Jinping
- Turquie : Le Kremlin informe que Vladimir Poutine a « chaleureusement félicité » le président turc Erdoğan pour la nouvelle année à venir, ajoutant que « des relations mutuellement bénéfiques entre les 2 pays se développaient de manière très dynamique ».
- Israël : « J’espère que le nouveau gouvernement sous votre direction poursuivra la ligne visant à renforcer la coopération russo-israélienne dans tous les domaines pour le bien de nos peuples. » - Vladimir Poutine s’adressant à Benjamin Netanyahu.
- Arménie : « Le comportement des soldats russes de maintien de la paix est inacceptable pour nous, ils sont devenus des témoins silencieux. » - Premier Ministre arménien, Nikol Pachinian, à propos des agressions azerbaïdjanaises.
🔸 Camp Pro-Russe :
- Corée du Nord : Kim Jong-un annonce également avoir ordonné la fabrication d’un nouveau type de missile balistique intercontinental doté d’une capacité d’attaque rapide et de représailles. Les médias d’État rapportent qu’en ce premier janvier Kim Jong-un a fait la promesse d’augmenter de manière « exponentielle » la production d’ogives nucléaires.
- Biélorussie : Le Président biélorusse, Alexandre Loukachenko, déclare 2023 « l’année de la paix ». Le Secrétaire biélorusse du Conseil de Sécurité accuse l’Ukraine de « tenter de provoquer un conflit régional » ajoutant « qu’il est peu probable que le missile ukrainien de défense aérienne soit entré par accident dans l’espace aérien biélorusse ».
- Tchétchénie : Ramzan Kadyrov appelle les personnes qui ne souhaitent pas vivre « sous la bannière LGBT » à les rejoindre en Ukraine afin de participer à « l’opération spéciale ». « Nous luttons sur le territoire de l’Ukraine contre le fascisme, le nazisme, le satanisme, qui nous sont imposés et nous n’accepterons jamais cette ligne. »
🔸 Camp occidental :
- OTAN : Le Secrétaire Général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a affirmé que « rien n’indique que Vladimir Poutine a changé l’objectif global de cette guerre, celui de contrôler l’Ukraine ». « J’appelle les alliés à faire plus. Il est dans l’intérêt de notre sécurité de s’assurer que l’Ukraine l’emporte et que Vladimir Poutine ne gagne pas. » « le soutien militaire et la fourniture d’armes à l’Ukraine est le chemin le plus rapide vers la paix ».
- USA : De nouveaux terminaux Starlink sont arrivés en Ukraine. « Pékin prétend être neutre, mais son comportement montre clairement qu’il investit toujours dans des liens étroits avec la Russie. […] Nous surveillons de près l’activité de Pékin. » - Responsable américain réitérant sa préoccupation. Selon des responsables américains, Washington envisagerait d’envoyer des IFV « Bradley » à l’Ukraine dans le cadre d’un nouveau programme de soutien militaire.
- Italie : « J’espère que tôt ou tard la Russie se rendra compte de l’énorme erreur qu’elle commet, d’ici là nous défendrons l’Ukraine. Nous défendrons les droits internationaux, la souveraineté et la liberté de l’Ukraine. » « Aucun signe particulier que la Russie veut la paix. […] Continuer à soutenir l’Ukraine est le meilleur moyen d’atteindre la fin de la guerre. » - Giorgia Meloni, PM italienne.
- Royaume-Uni : Le Royaume-Uni livre environ 1000 détecteurs et 100 kits de désamorçage afin d’aider les troupes ukrainiennes à nettoyer les champs de mines. Le Secrétaire à la Défense, Ben Wallace, a réitéré l’engagement du Royaume-Uni à fournir un soutien militaire à l’Ukraine en affirmant qu’une enveloppe de 2,3 milliards de livres sterling sera allouée à Kiev pour 2023.
- République tchèque : La somme récoltée lors d’une collecte de fonds organisée en République tchèque a permis de financer l’acquisition de 15 véhicules de défense aérienne « Viktor » montés d’un canon ZPU-2. Ils sont destinés à l’Ukraine.
- France : Le Ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, estime qu’il y aura une « contre-attaque des forces armées russes en février - mars » qui sera « plutôt terrestre et qui s’appuiera sur la mobilisation ». le « premier trimestre 2023 sera assez déterminant » ajoutant prévoir un « tournant inévitable ». Il a répété que « la Russie ne peut, ni ne doit gagner ».
« Je suis surpris que les gens soient si atteints [par le conflit en Ukraine]. Ça veut dire que quand c’est en Afrique vous êtes moins atteints ? Moi, je me sens menacé de la même manière quand c’est en Iran ou en Ukraine. » - Omar Sy.
Images d’utilisation par l’armée ukrainienne d’un LRU fourni par la France. Un accord renforçant les relations de défense entre la France et la Lituanie a été signé.
Le Groupe Bonduelle dément les informations diffusées à son propos sur les réseaux sociaux russes. Il peine à convaincre, Ekaterina Eliseeva, directrice de Bonduelle Russia étant une ancienne agente du FSB…
- Allemagne : « Les Ukrainiens défendent courageusement leur patrie, en partie grâce à notre aide. Et nous continuerons à soutenir l’Ukraine. » - Chancelier allemand, Olaf Scholz. Le Ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, estime que l’invasion de l’Ukraine par la Russie se terminera par une défaite militaire de la Russie en raison du soutien occidental, ajoutant que Vladimir Poutine est en train de perdre la guerre.
- Estonie : L’Estonie a envoyé du matériel de déminage pour une valeur estimée à 330 000 euros. Cette aide comprend trois mini-pelles avec remorques, de quatre engins de déminage à distance et d’un détecteur de substances chimiques
- Moldavie : « L’armée nationale de Moldavie doit être équipée d’armes modernes, la neutralité ne signifie pas la démilitarisation. » - Maia Sandu, Présidente moldave.
La cérémonie des vœux donne l’occasion de ressortir des acteurs désormais connus.
Plus étonnant, le port d’un gilet pare-balles par Poutine.
Drôle de manière de souhaiter la bonne année.
Reste d’un drone d’origine iranienne tombé sur Kyiv.
- Kreminna : Les forces russes ont de nouveau tenté de regagner des positions précédemment perdues près de Chervonopopivka mais ont échoué. La prise de la route P66 reliant Kreminna à Svatove reste un objectif majeur pour les Ukrainiens. L’armée russe a bombardé Novoyehorivka, Ploschanka, Nevske, Chervonopopivka, Terny et Dibrova.
Pierre Ier, plus connu sous le nom de Pierre le Grand (1672-1725) devient tsar de Russie en 1682 et reçoit le titre d’empereur de toutes les Russies en 1721.
Fils du tsar Alexis Ier (1629-1676), il règne conjointement avec son demi-frère Ivan V durant la première partie de son règne (1682-1696). À la mort de celui-ci, il se lance dans un grand tour de l’Europe durant lequel il se rend compte du grave retard de son pays sur le reste du continent. Il va alors s’efforcer de rapprocher son pays des mœurs occidentales, quitte à sacrifier une partie des traditions de sa terre natale. Par sa volonté d’écraser la noblesse et le clergé, il reste dans les mémoires comme un grand modernisateur, faisant entrer la Russie dans l’âge de l’absolutisme.
En politique extérieure, Pierre se lance dans la longue grande guerre du Nord (1700-1721) durant laquelle il est opposé à l’Empire suédois de Charles XII. Après plusieurs revers comme à la bataille de Narva, il réussit finalement à écraser l’armée suédoise à la bataille de Poltava (1709). Après cette victoire, il faut encore douze ans de combat pour que la Suède signe le traité de Nystad. La Russie gagne avec celle-ci un accès à la mer Baltique en annexant l’Ingrie, l’Estonie et la Livonie. Pierre se fait alors proclamer « grand », « père de la patrie » et « imperator ».
Pierre joua ainsi un grand rôle dans la construction d’un État russe moderne en déplaçant sa capitale de Moscou à Saint-Pétersbourg, ville qu’il fonda en 1703. Sa politique expansionniste et ses réformes ont fait de la Russie une puissance européenne.
Poutine et son gilet pare-balles.
Un développement très notable - de nouvelles munitions d’artillerie de fabrication ukrainienne ont commencé à atteindre les lignes de front.
Ici, nous pouvons voir des projectiles HE OF-25T 152 mm, fabriqués en 2022 - ils peuvent être tirés à partir d’obusiers tractés D-20/Msta-B et de SPH 2S3/Msta-S.




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