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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Ukraine

Elena Osipova

Elena Ossipova, survivante du siège de Leningrad, arrêtée à Saint-Pétersbourg pour avoir manifesté contre la guerre. Autour d'elle, une semaine de conflit : le dégel, les yachts saisis, l'isolement russe.

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La célèbre survivante du siège de Leningrad, Elena Osipova, a participé à une manifestation à Saint-Pétersbourg contre la guerre de Poutine en Ukraine. Sous les applaudissements des manifestants, elle a été arrêtée par la police.

Le manque de roulage des camions explique la rupture du pneu visible sur l’image.
Le dégel ne permet pas aux camions d’éviter les routes sous peine d’être embourbés.
Le froid revient la semaine prochaine permettant aux forces russes d’éviter les routes.

Les autorités de Hambourg ont confisqué le yacht d’Alisher Usmanov, frappé par les sanctions de l’UE. Le yacht de 156 mètres est évalué à 600 millions de dollars.

Une condamnation sans appel de l’ONU.
La Russie n’a sans doute jamais été autant isolée.

Tentative de débarquement en cours à Odessa, la grande ville côtière du Sud-Ouest de l’Ukraine. La porte de la Moldavie, la Roumanie et la Transdniestrie.

Point de situation après une semaine de conflit.

Le plan initial de Poutine a échoué. On sait désormais qu’il avait informé la Chine (elle-même aussi informée par les USA). La Chine lui avait demandé d’attendre la fin des JO. Poutine n’a respecté la consigne qu’à moitié puisque les jeux paralympiques n’ont pas commencé (le Bélarus et la Russie en sont exclus). La guerre devait se terminer le 26 février et l’occupation ne devait pas durer plus de 15 jours. L’ancien président, Victor Ianoukovytch devait être remis en place pour créer un pays fantoche.
Sur le front la première grande ville ukrainienne (Kherson) est tombée. On va voir la capacité de l’armée russe à tenir et administrer les territoires. Je vous passe souvent des cartes du front mais elles sont trompeuses. Les grandes zones rouges ne sont pas complètement conquises. Elles ne sont pas administrées ni même forcément occupées de manière constante.

L’étau se resserre sur Odessa. Une opération de débarquement est en préparation. Cette ville est capitale et fait le lien avec la Transnistrie, Moldavie et Roumanie. Les troupes issues de Crimée semblent plus professionnelles avec de nombreux bataillons d’élite.

Au Nord l’Ukraine plie mais ne rompt pas. Kiev et Kharkiv résistent. Le siège est de plus en plus intense, les bombardements de moins en moins précis. Un missile a été détruit juste avant de toucher la gare de Kiev cette nuit. La gare était bondée, les trains sont insuffisants pour évacuer la population. Les forces russes tentent toujours de couper l’axe Kiev-Zhytomyr-Lviv sans succès pour l’instant. Les forces russes au Nord semblent plus désorganisées et moins volontaires pour le conflit. Certains soldats percent leurs réservoirs pour ne pas partir au conflit, des camions s’embourbent (mauvaise nouvelle, le froid va revenir en Ukraine la semaine prochaine), d’autres se rendent. Les pneus explosent parce que les camions n’ont pas été entretenus correctement, des rations alimentaires périmées circulent etc.

Au niveau international la situation devient de plus en plus intenable. Seuls 5 pays ont apporté leur soutien à la Russie (Syrie, Corée du Nord, Erythrée, Bélarus et … Russie). 35 se sont abstenus. 141 ont condamné, 12 n’ont pas pris part au vote. Mais bien loin de reculer Poutine accentue sa pression. Des avions russes ont violé l’espace aérien de la Suède et du Japon hier soir. Entrainant une demande d’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN et la candidature officielle de la Géorgie à l’UE.
La société russe commence à prendre conscience de la gravité de la situation. Les manifestations continuent malgré la répression. La célèbre survivante du siège de Léningrad – Elena Osipova – a été arrêtée hier soir. Elle rejoint les 7600 personnes arrêtées depuis le début du conflit. Le cours des grandes sociétés russes s’est effondré sur les marchés européens, certaines ont perdu 99% de leur valeur. Les oligarques voient leurs biens saisis, Abramovitch est contraint de vendre son club de Chelsea par exemple. Les Russes ne peuvent plus utiliser les cartes bancaires Visa et Mastercard, les derniers médias libres ont été contraints de fermer ou de diffuser de la musique en continu. Le conflit est de plus en plus dur à cacher à la société. La Russie admet désormais 497 morts au combat. Les Ukrainiens affirment en avoir tué plus de 7000.

Certains politiques français disent que Poutine a changé. C’est bien évidemment faux. Dès 1999 il avait montré l’étendue de sa cruauté en Tchétchénie. D’autres sont étonnés de voir qu’il utilise les troupes tchétchènes de Kadyrov. Je suis pantois devant tant de méconnaissance et de bêtise. Kadyrov est le jouet de Poutine depuis le début.
L’impression donnée est celle d’une fuite en avant. L’heure n’est pas à l’apaisement. Malgré les premières livraisons d’armes qui arrivent sur place la situation est de plus en plus difficile pour les forces ukrainiennes qui restent vulnérables aux missiles et aux frappes aériennes. Comme le disait Le Drian j’ai bien peur que « le pire est peut-être devant nous ».

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