Jour 701: Petit point très rapide (je manque de temps).
Avdiivka va tomber, le taux d'interception des missiles chute de 80 à 50 % faute de munitions, et la propagande russe passe sans filtre dans les médias français. Tout n'est pas noir pour autant.

🔸 Fin de la pause opérationnelle qui durait depuis un mois.
La poussée russe reprend (et leurs pertes matérielles aussi). Les Ukrainiens tiennent toujours Avdiivka mais ils devraient la perdre prochainement. Le front craque au Sud de la ville (Zenit). Symboliquement cette perte serait importante (cette ville résiste depuis 10 ans). Géostratégiquement, elle ne changerait pas grand-chose. Les défenses sont déjà en préparation en retrait de la ville qui est un saillant (donc plus difficile à défendre).
Le Nord de la zone (Stepove) est plus solide. Il servira sans doute de point d’appui pour le retrait de la ville.
🔸 Autre sujet d’inquiétude, le front de Kupiansk.
Le manque de munition coûte cher à l’armée ukrainienne qui peine à contenir les assauts ici aussi. Cependant rien d’irrémédiable encore sur ce front. Certes il y a bien eu une percée à Krokhmalne et une avancée vers Kotliarivka mais Kupiansk reste alimentée correctement par l’Ouest. LA question qui se pose ici c’est celle de la présence ukrainienne à l’Est de la Rivière Oskil.
🔸 Sur le front de Kherson, la « tête de pont » (qui n’en est pas vraiment une) de Krinky s’est réduite.
Là aussi c’est l’approvisionnement qui est compliqué. Il est à noter que les corps de militaires biélorusses ont été retrouvés là-bas. Mercenaires isolés ou appui du régime de Loukachenko ?
🔸 L’Ukraine a perdu l’initiative.
Elle ne peut néanmoins pas profiter de cette pause pour refaire ses stocks car l’occident ne l’alimente pas suffisamment. Elle réussit néanmoins des coups d’éclat sur des actions ponctuelles (notamment aux dépens de l’aviation russe qui est bien en peine en ce moment).
Cette attrition de munition empêche aussi le bon fonctionnement du bouclier anti-missiles. Les taux d’interception chutent dangereusement (on passe de 80% à 60 voire 50% d’interceptions sur les dernières vagues).
🔸 Tout n’est pas noir dans ce tableau pourtant.
Les forces russes perdent beaucoup trop de matériels par rapport à leur production. Ils épuisent aussi leurs ressources en hommes. Ils ont dû changer leur tactique en préservant leur infanterie au détriment de leurs blindés. Ce n’est pas par humanisme mais par nécessité. Le rapport de perte n’est plus que de deux soldats russes morts contre un Ukrainien. Le rapport de feu lui reste très déséquilibré (7 contre 1).
De son côté l’Ukraine progresse petit à petit dans l’idée de mobiliser plus d’hommes (même si la mobilisation de 500 000 hommes a échoué récemment devant le parlement).
Économiquement la Russie est en souffrance aussi. Les prix du gaz et du pétrole sont revenus en deçà de leurs prix avant le conflit et tendent à la baisse malgré la situation explosive au Moyen-Orient. La Russie se voit obligée de réviser ses ambitions à la baisse en Syrie et au Sahel faute de moyens (même si le Tchad – dernier bastion pro-français – a été approché hier). La guerre ne peut plus se cacher dans l’opinion russe et l’élection présidentielle met le thème en avant. Nous connaissons déjà le résultat (environ 80% des voix pour Poutine) mais cela agit malgré tout comme un poison insidieux dans l’opinion russe. Et plus la guerre dure, plus il sera difficile de justifier une telle saignée démographique dans un pays vieillissant.
🔸 Au niveau global l’occident se tourne vers les États-Unis
(alors que nos élections européennes arrivent pourtant au mois de juin). Une partie de l’avenir de notre continent se joue hélas là-bas. À ce titre une victoire de Trump pourrait nous forcer à assumer enfin nos responsabilités. Nous agissons malgré tout mais trop peu et trop lentement. Les filières se montent et s’organisent mais il faudra attendre sans doute fin 2025 pour avoir une alimentation de l’Ukraine cohérente ne serait-ce qu’en termes de munitions.
🔸 Autre sujet d’inquiétude, la reprise de la propagande russe sans aucun filtre par nos médias nationaux.
La frappe sur le marché de Donetsk et le crash de l’Il-76 en sont les deux derniers exemples. Je reste pantois devant l’absence totale d’esprit critique et de déontologie de la part de ces journalistes. Là aussi, la Russie gagne par notre faute. Seule l’information bidon sur les “60 mercenaires français tués” a vu l’utilisation du conditionnel. Effrayant.
🔸 𝐈𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐫𝐚𝐩𝐢𝐝𝐞𝐬 :
- R͟u͟s͟s͟i͟e͟ : incendie à la raffinerie de Touapsé. La frappe contre les installations pétrolières russes à Touapsé, en Russie, quelques jours seulement après la frappe réussie contre le terminal d’Oust-Luga, lève tout doute sur le fait qu’il s’agit d’un effort ciblé visant à éliminer tous les principaux ports pétroliers et gaziers russes.
- U͟k͟r͟a͟i͟n͟e͟ :
- La défense aérienne ukrainienne a abattu 11 des 14 drones Shahed dans la nuit.
- L’armée ukrainienne a mené 50 combats avec les forces russes près de Synkivka de la région de Kharkiv, Dibrova de la région de Donetsk, près de Makiyivka, la forêt de Serebryanske de la région de Luhansk, Vasukivka, Bohdanivka, Ivanivske et Klischiyivka de la région de Donetsk, près d’Avdiyivka, près de Pervomayske et Nevelske de la région de Donetsk, Heorhiyivka et Novomykhaylivka de la région de Donetsk, au sud de Zolota Nyva et au sud de Staromayorske de la région de Donetsk, près de Robotyne de la région de Zaporizhzhia, sur la rive est du fleuve Dnipro dans la région de Kherson
- F͟r͟a͟n͟c͟e͟: La demande russe pour la teneur d’une réunion aujourd’hui sur le crash de l’IL-76 dans la région de Belgorod a été rejetée par la Présidence française du conseil de sécurité de l’ONU. La France a cependant accepté la teneur de la réunion demain.




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