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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Ukraine

Jour 379: Agitation des marges

Pourquoi l'agitation des marges — Transnistrie, Ossétie du Sud, Abkhazie, Bélarus — ressemble au début d'un effondrement russe, et où la comparaison avec 1989 trouve ses limites.

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Encore des journées très chargées pour moi. Juste quelques éléments de réflexion ou d’analyse.

Pour faire suite à mon message d’hier sur la Géorgie, je pense sincèrement que nous sommes au début de l’effondrement russe. Une thèse que j’avais avancée au début du conflit et qui avait valu quelques remarques parfois désagréables à l’époque.

Les marges de la Russie, c’est-à-dire les territoires occupés en Moldavie (Transnistrie), Géorgie (Ossétie du Sud, Abkhazie) et le glacis (Bélarus) sont clairement sous une forte tension qui pousse inévitablement ces zones occupées militairement vers l’UE.

La Serbie prend ses distances et les pays d’Asie centrale sont déjà tournés vers la Chine.

Pour autant la ressemblance avec 1989-91 a ses limites. La répression a eu lieu au Kazakhstan et au Bélarus. Il n’y aura pas de “révolution de velours” comme en République tchèque car Poutine n’est pas Gorbatchev. Bien au contraire. Il a été élevé au KGB dans la détestation et la haine de celui qui a détruit l’Empire russe qu’était l’URSS.

Reste que la Russie serait sans doute aujourd’hui bien incapable de se battre sur les fronts Bélarus, Ukrainiens, Moldave, Kazakh et Géorgiens en même temps.

Il n’est pas impossible que la Géorgie arrive “à l’heure” contrairement aux révoltes Kazakhs et Bélarus sévèrement réprimées récemment. La faillite de l’aide à l’Arménie contre l’Azerbaïdjan montre que la Russie n’a sans doute plus les moyens de ses ambitions.

Cela se voit aussi sur le terrain. Les vagues d’une centaine de missiles sont du passé, la lumière revient dans les rues de Kharkiv, des bombes d’un demi-siècle tombent sans exploser, les tanks toujours plus anciens vont se faire exploser sur les mines de Bakhmout, d’Avdiivka ou de Vuhledar.

Espérons que l’agonie ne soit pas trop longue.

Photo : une bombe de plus de 50 ans non explosée à Avdiivka.

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