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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Ukraine

Jour 372 : Attaque sous faux drapeau (?)

Premiers échanges de tirs sur le sol russe, dans l'oblast de Briansk. De Moukden à l'opération Himmler et aux attentats de 1999, retour sur la mécanique de l'attaque sous faux drapeau et sur ce qu'elle servirait ici.

Deux combattants armés déploient le drapeau du Corps des volontaires russes

Anecdote de la guerre, tournant, attaque sous faux drapeau ? Quoi qu’il en soit aujourd’hui de premiers échanges de tirs ont eu lieu sur le sol russe.  Ces échanges de tirs ont eu lieu dans l’oblast de Briansk, à la frontière ukrainienne.  Beaucoup (dont moi) pensent surtout qu’il s’agit d’une attaque sous faux drapeau. L’occasion de revenir un peu sur cette notion.

Une attaque sous fausse bannière ou sous faux pavillon (ou encore « sous faux drapeau ») est une action menée avec utilisation des marques de reconnaissance d’un ennemi. On utilise une fausse bannière pour tromper les observateurs et imputer la responsabilité à celui que l’on veut agresser. C’est une perfidie donc un crime de guerre.

C’était le premier crime de guerre russe dans cette guerre car le 24 février 2022, Moscou avait déjà évoqué, dans une mise en scène grossière, une incursion de soldats et de blindés ukrainiens sur son territoire pour préparer l’opinion à l’offensive à venir.

Les forces russes ne sont pas les seules à utiliser cette technique. Tintin et le Lotus bleu ont rendu célèbre « l’incident de Mukden » en 1931, planifié par l’Empire japonais qui a accusé la Chine d’avoir perpétré l’attentat, donnant ainsi le prétexte à l’invasion immédiate du sud de la Mandchourie par l’armée impériale japonaise.

Idem avec « l’opération Himmler » le 31 août 1939 : de prétendus soldats polonais attaquent un émetteur radio en territoire allemand. L’opération est en réalité montée de toutes pièces par les Allemands pour servir de prétexte à l’invasion de la Pologne par l’Allemagne.

D’autres cas n’ont officiellement jamais été démontrés comme l’incendie du Reichstag en 1933 ou encore la série d’attentats dans la région de Moscou qui, pendant deux semaines en 1999, détruit plusieurs immeubles d’habitation faisant près de 300 morts, serait une opération sous fausse bannière qui aurait été organisée par les services secrets russes. Cette vague d’attentats attribués aux Tchétchènes traumatise la population russe et sert de prétexte au déclenchement de la seconde guerre de Tchétchénie.

La Russie est donc familière des « False Flag » et l’Ukraine n’a rien à gagner à prendre en otage quelques civils en Russie. La solution la plus probable est donc cette hypothèse il me semble. Elle peut permettre de dissuader les occidentaux d’armer l’Ukraine, elle peut motiver le peuple russe à demander une intensification de la guerre, elle peut aussi permettre d’ouvrir le front au Nord.  La solution la plus crédible est souvent la meilleure.

S’il s’agit d’une vraie attaque par contre c’est inquiétant. Ça voudrait dire que l’armée ukrainienne peine à commander ses forces étrangères enrôlées volontairement dans son armée (Biélorusses, Russes, Tchétchènes, Géorgiens) et que le conflit peut s’étendre.

Reste à voir la réaction russe. Poutine en fait des tonnes, il utilise ce fait médiatiquement. Ça me conforte donc dans l’hypothèse de départ.

À suivre.

Vue aérienne de la tour radio de Gleiwitz, prétexte de l’opération Himmler

Le Reichstag en flammes lors de l’incendie de février 1933Officiels japonais devant la voie ferrée sabotée de l’incident de Moukden

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