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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Ukraine

Jour 321 : La situation à Soledar.

Prigojine se fait photographier dans la mine de sel : Wagner revendique Soledar, 10 000 habitants avant guerre, aujourd'hui un champ de ruines. Mais 200 km de tunnels ne font pas une conquête, et l'enjeu est surtout politique.

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Trop peu de temps pour un point complet alors je vais m’attacher aujourd’hui à la situation sur le point le plus chaud du front : Soledar.

Hier, la photographie de Prigojine qui pose dans ce qui semble être la mine de sel de Soledar a fait grand bruit. Wagner a déclaré tenir la ville. Aujourd’hui la situation est plus claire. L’ensemble de la ville n’est toujours pas tombé aux mains russes.

La prise de la ville est plus symbolique que stratégique. Elle ne faisait que 10 000 habitants avant la guerre et n’est plus qu’un champ de ruines. Elle permet néanmoins aux forces russes de dire qu’ils avancent, même si c’est au prix de centaines de morts par jour.

Au niveau militaire cette prise favorise un encerclement possible de Bakhmut mais on est loin encore de cette situation. Les images prises montrent qu’une partie du centre-ville est bien tombée, mais les images de la mine de sel ne veulent pas dire que la surface est contrôlée, loin de là. Il y a plus de 200 km de réseaux de tunnel sous cette ville.

L’intérêt se situe surtout au niveau politique. Prigojine s’affichant de plus en plus comme une alternative possible à Poutine. Sa propagande est quotidienne. Quand sa stratégie échoue c’est la faute de Moscou qui ne lui envoie pas de munitions. Quand il réussit c’est grâce à lui et à son « génie militaire ». Mais même pour l’opinion russe la ficelle est grosse. Prigojine s’affichant comme se recueillant sur les tombes de soldats (contrairement à Poutine) mais utilise dans le même temps une stratégie militaire suicidaire qui « consomme » de nombreux de ses hommes. Pour gagner Soledar les soldats doivent littéralement marcher sur les cadavres de leurs frères d’armes.

Il est néanmoins probable que l’armée ukrainienne doive abandonner ce qu’il reste de leurs positions dans la ville. Les lignes de défense arrières sont prévues (notamment à Krasna Hora), l’évacuation des troupes de nouveau rendue possible. Étirer les lignes d’attaques est même parfois le meilleur moyen de regagner du terrain ensuite (on a pu le voir à Sievierodonetsk par exemple).

C’est aussi un rappel utile sur le fait que cette guerre n’est pas gagnée. Que la mobilisation russe a un poids non négligeable et pesant tant que les mères de soldats ne seront pas en capacité d’empêcher l’hémorragie. Car à terme ce conflit va faire très très mal à la démographie russe. Mais qui se projette sur le moyen terme ? Pour l’instant l’heure est à la défense côté ukrainien (ce qui n’empêche pas des plans offensifs sur d’autres zones. L’apparition de signes de reconnaissance verts étant intéressante à ce titre) et à l’attaque à tout prix côté russe.

Une fois de plus la responsabilité occidentale est immense. Les chars Léopard (entre autres) auraient été très utiles dans cette bataille.

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