Jour 21 : « Lueur d'espoir »
Moscou révise fortement ses exigences et parle d'une neutralité « à la suédoise » — soit l'aveu que le pays n'est ni nazifié ni à occuper. Kyiv refuse, signe qu'elle est en position de le faire.

On est mercredi. J’ai hélas très peu de temps. Billet court donc.
Aujourd’hui souffle un vent d’optimisme. L’attaque massive russe d’hier n’a pas connu de bénéfice notable (les contre-attaques ukrainiennes non plus d’ailleurs). Mais sur le terrain des négociations, ça bouge (un peu).
La Russie a fortement révisé à la baisse ses exigences. Elle souhaite désormais une neutralité “à la suédoise” ou “à l’autrichienne”. C’est admettre que le pays n’est pas “nazifié”, c’est admettre qu’elle ne l’occupera pas et qu’elle ne souhaite plus la démission du gouvernement en place. C’est déjà beaucoup.
Mais l’Ukraine a refusé ces exigences. Ça veut dire qu’elle est en position de le faire. Sans doute parce que les États-Unis ont enfin promis de livrer des défenses anti-aériennes dignes de ce nom (notamment des S-300) qui empêcheraient les grandes villes (dont Kyiv) de subir la pluie de missiles qui leur tombe dessus. La frappe proche de la frontière polonaise sur une base où l’OTAN a séjourné a renforcé les occidentaux plus qu’elle ne leur a fait peur. Poutine continue ses erreurs. Le temps joue donc pour l’Ukraine.
En effet, Moscou fait face mercredi à une première échéance de remboursement d’obligations. l’État russe doit rembourser 117 millions de dollars (une première échéance à laquelle succédera une série de plusieurs échéances en mars et en avril). Si la Russie ne peut payer, une période de trente jours commencera au bout de laquelle la Russie sera déclarée en défaut de paiement sur sa dette extérieure – une première depuis 1918, quand Lénine avait renié les obligations du pays.
Pendant ce temps l’Europe a connecté son réseau électrique à celui de l’Ukraine, la libérant d’une forte pression russe. (pendant que Tchernobyl est elle connectée au réseau biélorusse). La visite des premiers ministres polonais, tchèque et slovène à Kyiv est un acte fort de solidarité. Pour les Français elle rappelle le voyage de Mitterrand à Sarajevo…
Les points importants du conflit tiennent toujours. Les grandes villes (Kyiv, Kharkiv, Marioupol) mais aussi des secteurs stratégiques comme au Donbass où 1/4 de l’armée ukrainienne est menacée de se faire enfermer.
On se dirige sans doute vers une solution évoquée dès le début du conflit.
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Pas d’adhésion à l’OTAN mais une reconnaissance de la candidature à l’UE (comme pour la Finlande ou l’Autriche justement).
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Perte de la Crimée.
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Perte d’une partie ou de la totalité du Donbass.
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Poutine aurait tout intérêt à signer vite avant de tout perdre (y compris le pouvoir).
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Zelensky aurait intérêt à signer pour éviter de retrouver son pays en ruine.
Mais la vérité d’aujourd’hui n’est pas forcément celle du lendemain.




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