Jour 18 : « L’extension du domaine de la lutte »
Le bombardement de la base de Yavoriv, à la frontière polonaise, visait les volontaires étrangers et l'OTAN. La Russie montre qu'elle ne craint aucune réplique occidentale — et elle a raison.

Le fait majeur du conflit aujourd’hui a été le bombardement de la base militaire de Yavoriv dans l’Ouest de l’Ukraine, à la frontière polonaise. Ce sont clairement les volontaires étrangers et l’OTAN qui étaient visés. En effet cette base est la seule d’Ukraine où les soldats de l’OTAN entraînaient les Ukrainiens avant le conflit. C’est aussi le lieu où passe l’aide des pays étrangers. La Russie marque ainsi clairement qu’elle ne craint pas une réplique occidentale. Et elle a raison, l’occident ne bougera pas. La Russie clame avoir tué « 180 mercenaires », l’Ukraine reconnaît 35 morts. Dans le même temps des renforts syriens et tchétchènes arrivent pour renforcer les régiments russes.
Autre fait notable, le journaliste américain Brent Renaud est mort ce matin à Irpin, une banlieue de la capitale Kiev. Sa voiture aurait essuyé des tirs russes. Là aussi, pas de crainte pour Moscou. L’idée que les journalistes fuient le conflit n’aurait que des bénéfices pour elle.
Ce fait arrive dans une période de troubles et d’extension du conflit depuis hier qui est très inquiétante.
- Frappes sur le sol biélorusse à la frontière avec l’Ukraine (origine russe ?)
- Frappe d’un drone en Croatie (Vieux drone soviétique russe)
- Plusieurs missiles iraniens sur le consulat des États-Unis à Erbil.
- Les Arméniens (soutenus par la Russie) de l’Artsakh (ou Haut Karabagh) sont pilonnés par l’Azerbaïdjan (soutenus par la Turquie) depuis une semaine dans l’indifférence complète.
-Hésitations serbes sur son soutien à l’occident ou à la Russie (détournement du blocus aérien, manifestations pro-russes dans les rues).
Sans parler d’embrasement, les interactions entre ces pays peuvent entraîner le pire par le jeu des alliances.
La patience des ambassadeurs et des ministres des affaires étrangères doit être mise à rude épreuve. Quelle sera la ligne rouge ? Le bombardement chimique ? Des frappes hors Ukraine ? Jusqu’où le bouchon peut-il aller trop loin ?
Sur le front on assiste à une consolidation des avancées russes dans le sud de l’Ukraine (Shadovsk, Chulakivka au sud de Kherson) mais aussi au Nord de Marioupol (Volonovakha, Velyka Novosilka). Conquête en étoile en suivant les voies de communication au nord de Mikolaiv. Le tout malgré de nombreuses manifestations de la population locale (Mikolaiv, Kherson, Berdiansk, Kakhova…). La mise en place d’une nouvelle région fantoche pour rejoindre les deux précédentes (Louhansk, Donetsk) semble se préciser. La répression est plus sévère (enlèvement du chef de Dniprorudne et du maire de Melitopol et nomination de maires par intérim par exemple), et l’organisation d’un pseudo-référendum semble se préciser.
Dans le reste du pays, cela patine. Les Ukrainiens affirment même avoir fait deux contre-offensives à Kharkiv et à Mikolaiv.
Les économies des deux pays belligérants sont en apnée. La bourse de Moscou n’ouvrira pas avant un bon moment. Il va falloir vivre avec la guerre qui risque de durer. L’exaspération des peuples ukrainien et russe pourrait peut-être fixer une limite à cette hérésie.




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