Jour 14-2 (je n'aurai pas de temps demain) : Mon portrait dans le miroir.
Pour une fois, le conflit vu de chez nous : l'accueil réservé aux réfugiés ukrainiens, comparé à celui des Afghans et des Syriens, dit ce que l'Occident continue de penser des guerres des autres.

Jour 14-2 (je n’aurai pas de temps demain): Mon portrait dans le miroir.
Pour une fois je vais étudier le conflit de notre point de vue d’occidental.
L’exode massif des réfugiés (plus de 2 millions) nous renvoie en miroir l’insécurité de nos propres vies. Notre accueil a été pour le moins frisquet (euphémisme) en ce qui concerne les migrants afghans ou syriens. D’une certaine manière ces conflits étaient lointains et leurs guerres ne nous semblaient pas être les nôtres (même si nos troupes étaient impliquées sur le terrain). Je pense même qu’au fond de nous la guerre était une situation “acceptable” de notre point de vue pour ces pays. L’Occident n’est pas guéri de cette obsession de se voir comme ayant une mission “civilisatrice”. Ces guerres étaient donc le résultat de civilisations encore “barbares” où la guerre est la norme. Même si la Libye est géographiquement plus proche que l’Ukraine de la France.
La guerre est donc en Europe. Nous sommes sous le choc. Nous ouvrons nos bras. Et c’est heureux. Mais nos lois et nos principes ne reconnaissent pas de différences entre les réfugiés.
De nombreux chroniqueurs ont eu des propos stupides à ce sujet (“eux ça n’est pas pareil, ils ont des voitures”…. Vous avez déjà essayé de traverser la Méditerranée en voiture vous ?) cachant mal ce qu’il faut bien nommer un jour : Le racisme.
Mais nous ne sommes pas les seuls à être placés devant nos contradictions. Le sort des Ukrainiens n’est pas le même partout.
(Merci à François Comet pour les renseignements à suivre).
En Pologne : 1,4 million de réfugiés sont déjà présents. Le parlement vote aujourd’hui une loi donnant, pour 18 mois, aux réfugiés ukrainiens les mêmes droits d’accès à l’éducation et à la santé que pour les Polonais.
En Roumanie : 300 000 réfugiés actuellement, mais ils s’attendent à un million. Beaucoup d’enfants seuls et nécessité de lutter contre les trafiquants. Les Ukrainiens ne veulent pas s’enregistrer comme réfugiés et pour la plupart continuent leur route vers un autre pays. La Roumanie se plaint du renforcement extrême des vérifications à la frontière hongroise dirigé par le nationaliste Orban. Frontex leur a fourni 300 personnes et promis 2500. L’extrême droite (20%) commence une campagne sur le thème : les réfugiés sont mieux traités que les Roumains pauvres.
En Hongrie l’accueil de la population est très bon. Les sondages montrent que la situation est favorable à Orban qui se présente comme le candidat de la paix et accuse l’opposition de vouloir envoyer des soldats hongrois si l’OTAN le décide. Orban refuse de fournir des armes à l’Ukraine au motif que cela pourrait mettre en danger la minorité hongroise des Carpathes.
En Lituanie : la situation de la précédente vague de migrants “envoyés” par la Biélorussie est épouvantable : familles parquées dans des immeubles avec interdiction de sortir et enfants non scolarisés depuis 10 mois.
Et si un jour les réfugiés c’était nous ?




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