Jour 13 : Et maintenant ?
Le front se stabilise et s'installe dans la durée. Les forces russes ne peuvent plus attaquer partout à la fois : prendre Kharkiv, Tchernihiv et Marioupol devient le préalable à tout le reste.

La progression des troupes russes est ralentie, le front se stabilise et s’installe dans la durée. Au grand désarroi des villes bombardées (et notamment Kharkiv, Kyiv, Sumy, Chernihiv). La pression s’accentue sur la capitale. La bataille des faubourgs a déjà commencé à l’Ouest et s’installe progressivement à l’Est.
Les forces russes n’ont plus les forces de s’attaquer à tout le pays en même temps et elles ne peuvent pas compter sur de nouveaux renforts. La prise de Kharkiv, Chernihiv et de Marioupol est un préalable indispensable avant de s’attaquer à Odessa ou Dnipropetrovsk par exemple.
L’armée ukrainienne semble réussir quelques coups d’éclat qui restent à vérifier (30 hélicoptères détruits à Mikolaiv ?) et d’autres sûrs (comme la rupture de la progression russe vers Jytomir). Néanmoins l’armée ukrainienne recule sur le front d’Irpin (et donc dans les faubourgs de Kyiv). Les troupes russes sont coupées de leurs arrières. Le fameux immense convoi commence à se faire bombarder. Dans le même temps les troupes ukrainiennes accentuent les opérations de guérilla sur les grands axes. Aucune route n’est donc sûre pour les troupes russes, et ceci d’autant plus que le ciel reste partagé. Les frappes sur les dépôts pétroliers s’accentuent dans les deux camps (Jytomir, Chernihiv pour le côté russe, Luhansk pour les Ukrainiens). La logistique va être la clé de ce conflit. Clouant les avions au sol et les colonnes de blindés sur la route. Le pillage de nourriture et de carburant à Staromayorsk de la part des Russes montre que les problèmes de ravitaillement ne sont pas réglés.
Il y a entre 100 et 200 soldats russes tués chaque jour donc sans doute entre 300 et 600 blessés. La Croix-Rouge ne peut accéder aux corps. Les risques d’épidémies vont donc s’accentuer rapidement, notamment dans les villes comme Marioupol qui sont privées d’eau et d’électricité. Cela risque d’accentuer le ressentiment ukrainien face à la Russie mais aussi face à l’Occident. La difficulté (ou la lâcheté) des Occidentaux à franchir le pas (armement lourd, avions, pétrole, gaz) va certainement être de moins en moins acceptée. Le ton du président Zelensky est déjà plus vif malgré l’acceptation de l’étude de l’adhésion de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie dans l’UE.
Du côté russe les exactions progressent. J’ai décidé de vous épargner les images que je peux voir. Les tirs sur les civils se multiplient. Des cas de viols sont avérés. Les pillages sont fréquents. En cette journée internationale du droit des femmes c’est aussi l’occasion de mettre en avant les nombreuses volontaires ukrainiennes présentes dans l’armée (57 000 femmes soit 23% des forces militaires ukrainiennes contre 17% en France par exemple)
L’Ukraine est condamnée à perdre petit à petit son armée « classique » et fait monter « en gamme » son infanterie légère équipée rapidement par les occidentaux (70 000 missiles antichars et antiaériens disponibles, 17 000 transférés en une semaine au moins). Vu le risque de guérilla, les Russes sont condamnés à rester sur les routes et à perdre des hommes et du matériel chaque jour. C’est intenable. Même dans une dictature.




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