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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Ukraine

Faire le bilan de cette année de conflit en cinq minutes ?

Chiche ! (chaque paragraphe est une page de la visio) Bonjour à tous.

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Chiche !
(chaque paragraphe est une page de la visio)

Bonjour à tous. Un an de conflit, c’est le moment de prendre un peu de recul et de faire un premier bilan de l’invasion Russe en Ukraine. Il faut noter que pour les Ukrainiens le conflit a commencé en 2014 (mars avec la Crimée), pas en 2022. Cette date est donc occidentale et montre surtout le passage à un conflit de haute intensité.
Le réveil est brutal (car le monde l’est). Les Européens ont été surpris de l’attaque malgré les alertes Américaines.

  • Notre diplomatie s’est enferrée dans une vision romantique de la Russie. Elle continue d’ailleurs à essayer de se poser en négociatrice sans être reconnue par les deux camps dans ce rôle.
  • Notre renseignement lui a failli en ayant une vision trop rationnelle, l’enjeu ne paraissait pas en valoir les pertes probables (et c’est vrai). Il n’a pas réussi à comprendre la psychologie du pouvoir russe. Il n’est pas le seul. L’anticipation a manqué comme elle a manqué dans l’analyse de notre dépendance à la Chine pendant la crise COVID ou encore pour la crise énergétique lié aux hydrocarbures russes.
    REFUGIÉS
    18 % de la population ukrainienne s’est exilée, principalement en Pologne, en République tchèque et en Allemagne. Une réponse plutôt rapide et efficace de l’Europe.
    Déportations massives d’enfants. Notion de génocide.
    Nous n’avons pas voulu voir que la vision Poutinienne n’est pas basée sur la rationalité mais sur la reconstruction d’un Empire. Sans la population, l’agriculture et l’industrie Ukrainienne la Russie n’aurait jamais pu se hisser au statut de grande puissance. De ce point de vue le « jeu en vaut la chandelle », la vie humaine n’a pas le même intérêt selon le pouvoir Russe ou selon les démocraties occidentales.

L’efficacité du renseignement Américain et sa communication publique avant l’invasion ainsi que le report de l’attaque demandé par la Chine lié aux Jeux olympiques d’hiver de Beijing ont permis sans doute de sauver l’Ukraine (les JO étant une période propice aux guerres russes). Ce décalage a eu aussi un impact sur la météo du conflit (on peut penser à la boue notamment).
Côté Russe, le système Poutinien a eu aussi des désavantages. L’idéologie a donné l’idée d’un occident faible et peureux. Dans un régime autocratique, il y a la peur de communiquer des informations qui ne plaisent pas. Ainsi, pour « plaire » les analyses données ont surestimé la puissance russe et sous-estimé celles de l’Ukraine.

Poutine a anticipé une victoire rapide. Il n’ pas anticipé la préparation Ukrainienne (en guerre depuis 2014), la rapidité et l’intensité de l’aide occidentale. Il a été retrouvé sur les corps des combattants russes au Nord de Kyiv des cartes de la région datant de l’URSS, les tenues n’étaient pas adaptées, les communications radios non sécurisées, la logistique un enfer avec des pillages dus au manque d’alimentation. Les véhicules mal entretenus. Cela a entraîné des désastres Moskva (avril) Siverskyi Donets (mai) , Pont de Crimée (octobre)

Les pertes ont été colossales
Ainsi par exemple le 331ème Régiment de parachutiste, troupes d’élites, a été déployé à l’aéroport d’Hostomel, proche de Kyiv avec pour objectif de sécuriser une tête de pont derrière les lignes ukrainiennes.
Problème : sans renforts, ils ont été éliminés.
Passé les premiers mois de la guerre, l’avancée russe patine voire recule. L’apport de matériel occidental permettent même une reconquête partielle aujourd’hui gelée par l’hiver et le manque de munitions. La Russie a peu de stock et est contrainte à acheter du matériel iranien ou Nord-Coréen.
L’aspect militaire est souvent dissocié de l’aspect sociétal. C’est cette manière de raisonner qui a poussé tant de «spécialistes» à l’erreur « Kharkiv devait tomber ; Kyiv devait être encerclée » etc. L’Ukraine s’est détachée de la Russie. Le « petit frère Ukrainien » n’existe plus même chez les Russophone. Par exemple l’église Ukrainienne a acquis son indépendance. Au point de vue culturel la guerre est déjà perdue par Poutine. La stratégie de vouloir faire mourir de froid la population civile a achevé de convaincre les derniers partisans russes en Ukraine.

La force de résistance Ukrainienne a impressionné parce que l’on n’a pas compris que pour l’Ukraine c’était une question de survie, pas de perte de territoire. Si Poutine retire ses troupes il n’y a plus de guerre. Si Zelensky retire ses troupes il n’y a plus d’Ukraine. La situation n’est pas égale
L’Ukraine a donc surpris par sa capacité à innover, à utiliser des moyens civils pour se défendre. Le bricolage de drones, utilisation de Tinder pour piéger les soldats, la capacité de la population à localiser l’ennemi par portable et a permis d’innover dans la manière de conduire la guerre.
Adaptation opérationnelle aussi. La mise à l’abri et l’éparpillement de l’aviation Ukrainienne a permis sa survie. Au début du conflit l’Ukraine a aussi accepté de perdre du terrain pour préserver ses troupes et étirer les lignes. Elle a ainsi pu harceler les forces russes et l’obliger à battre en retraite pour préserver ses forces. Elle a opté volontairement pour une guerre d’attrition au prix d’une partie de son territoire. Cela nous interpelle sur notre propre capacité à être autonome dans la gestion de nos munitions et de nos réseaux (télécoms, satellites notamment).
Mais ce type de guerre touche aussi à ses limites aujourd’hui. Les forces Russes ont évacué une partie du territoire (le Nord (Kyiv, Tchernihiv) et l’essentiel de l’oblast de Kharkiv ainsi que le Nord de celui de Kherson) pour autant la reconquête des derniers (sud des oblast de Zaporijia, Kherson et du Donbass) n’est pas envisageable sans un réel support d’artillerie voire d’aviation et des munitions conséquentes. Sans parler évidemment de la reconquête de la Crimée.
On peine aussi aujourd’hui à comprendre les pays d’Europe centrale et de l’Est.

Les Pays Baltes ou la Pologne comptent sur le soutien Américain car la défense Européenne n’existe pas.
La Hongrie par son passé impérial se sent proche de la vision Russe et craint une escalade qui pourrait la faire disparaitre.
Nous devons nous décentrer et ce n’est pas dans nos habitudes.

La France et l’Allemagne s’accrochent à un tandem qui n’est plus un moteur pour l’Europe et à une vision diplomatique qui a vécu. Pour preuve les projets de défense européenne sont aujourd’hui en grande difficulté et donc incapables d’apporter la moindre garantie aux pays en danger. L’OTAN qui était en « mort cérébrale » s’affiche aujourd’hui comme indispensable… Du moins tant que les États-Unis soutiennent l’essentiel de l’effort. Pour combien de temps ? L’élection Américaine de 2024 peut sonner la fin de cette aide et donner une opportunité à la Russie de gagner par le statu quo et remettre en cause l’ensemble de l’ordre international.

Danger d’extension du conflit à la Moldavie

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