Jour 113 : « Allez à Kyiv, mais pour quoi faire ? »
Macron arrive à Kyiv avec Scholz, Draghi et Iohannis entre les deux tours des législatives, sans lever l’ambiguïté entre victoire ukrainienne et négociation. Le même jour, Washington annonce un milliard de dollars d’aide : 18 obusiers, 36 000 obus, munitions HIMARS.

J’ai suffisamment ronchonné contre la non-venue du président en Ukraine pour ne pas apprécier qu’il y aille aujourd’hui. Évidemment y aller pendant l’entre-deux-tours de législatives où la majorité présidentielle semble en difficulté va prêter le flanc à la critique et donc gêner l’objectif diplomatique de ce voyage. Et, en soi, c’est déjà un problème.
Alors que va dire le président en Ukraine ? Si on se réfère aux discours en Roumanie et en Moldavie il ne faut pas attendre de grands changements sur la position officielle française. Et surtout il y a un problème de fond dans la position (posture ?) française.
Cette position repose sur plusieurs éléments clés :
- « Nous ne faisons pas la guerre au peuple russe et nous ne voulons pas l’anéantir ». C’est une évidence mais il est parfois des évidences qui sont bonnes à rappeler après tout.
- « A un moment donné quand nous aurons aidé au maximum) résister quand – je le souhaite l’Ukraine aura gagné – et que le feu aura cessé, nous devrons négocier. (…) et nous européens apporterons les éléments de sécurité »
Ce deuxième élément pose problème. Le tandem victoire/négociation parait pour le moins bancal. Déjà parce que nous sommes très loin de donner le « maximum » pour aider l’Ukraine à gagner (et nous partageons ce triste fait avec l’Allemagne de M. Scholtz qui est du voyage lui aussi). Ensuite parce que l’on peut aussi gagner sans négocier (le Japon et l’Allemagne peuvent en témoigner).
L’Ukraine a été claire sur ses objectifs de guerre :
- Retour aux positions du 23 février. Négociation du statut du Donbass et de la Crimée. La remise en cause des frontières ukrainiennes est vue comme une prime à l’agression russe (ce qui de facto est vrai). C’est insoutenable pour les Ukrainiens.
La Russie elle a varié :
- Installation d’un régime fantoche pro-russe sur toute l’Ukraine avec l’installation de l’Ancien président.
- Ensuite, limitation de la guerre ensuite à la rive droite du Dniepr.
- Enfin, limitation ensuite au Donbass, Kherson, Zaporijia.
La position du président français est donc ambiguë. Le « en même temps » ne peut fonctionner. On ne peut pas « donner des gages » à la Russie et rejoindre la position ukrainienne. Il faut choisir car les deux propositions sont incompatibles.
Cela détériore grandement l’image de la France (et de l’Allemagne) dans tous les pays d’Europe centrale et orientale (à part la Hongrie, la Serbie et peut-être la Bulgarie). L’idée de ne pas vouloir humilier la Russie a été mal prise. Car la Russie actuelle c’est Poutine. La Russie a existé avant et existera après lui. Et l’humiliation de l’un n’entraine pas forcément l’humiliation de l’autre.
Le président parlera à 20h au journal de TF1 (dommage pour le service public), à voir ce qu’il annoncera.
S’il apporte une aide massive et rapide le flou sera levé et la confiance pourra sans doute se rétablir. S’il souhaite « faire un coup » de politique intérieure et continuer le « en même temps » il abimera l’image de la France. Espérons que la visite d’Irpin aidera à faire le bon choix. Les grands hommes se révèlent dans les circonstances graves. Ou pas.
Situation sur le front.
- Russie : Le plus grand gisement de gaz de Russie brûle dans le district autonome de Yamalo-Nenets. Une conduite de 1400 mm a éclaté pendant la nuit.
- Kyiv : Visite président de la Roumanie Klaus Iohannis, du président français Emmanuel Macron, du chancelier allemand Olaf Scholtz et du premier ministre italien Mario Draghi. État-major : la contre-offensive peut se terminer en septembre si toutes les armes nécessaires sont fournies à l’Ukraine.
Dmytro Marchenko, général de division des forces armées ukrainiennes, a déclaré le 15 juin qu’un “point de non-retour” avait été atteint sur les accords de paix avec la Russie.
- Nord : l’armée russe a bombardé Sopych, Baranivka, Ulanove et Bachivsk de la région de Soumy. L’armée russe a bombardé Leonivka de la région de Tchernihiv.
- Kharkiv : Contre-attaque russe dans la zone. À Rubizhne la tentative semble avoir été repoussée. À Pytomnyk et Prudianka la situation semble plus difficile. Bombardements sur Peremoha, Ruska Lozova, Zamulivka, Verkhnii Saltiv, Stara Hnylytsia, Husarivka.
- Autour de Sloviansk :
o Izium : A l’Ouest, les forces ont franchi la rivière Donets à proximité de Protopopivka et opèrent dans les forêts à l’ouest d’Izium. Pas de preuve selon laquelle Zavody, Spivakivka et Prydonets’ke ont été libérés par les Ukrainiens.
À l’Est, Les défenseurs ukrainiens ont repoussé l’assaut russe sur Dolyna et Bohorodychne. L’ennemi garde cependant le contrôle de la périphérie nord-ouest de Bohorodychne. Les troupes russes ont attaqué Krasnopillya depuis la direction de Dovhenke, confirmant que les forces ukrainiennes avaient perdu le contrôle de Dovhenke.
o Lyman/Yampil : Il n’y a eu aucune mention de Shchurove, Staryi Karavan, Brusivka et Ozerna ces derniers jours. Je pense qu’il est prudent de supposer que ces remorquages sont sous contrôle russe et que les Ukrainiens se sont complètement retirés à travers le Siversky Donets.
o Severodonetsk : Les combats à Sievierodonetsk se poursuivent. L’ennemi tente de s’emparer du quartier central. Les forces russes déclarent des progrès significatifs dans la ville en prétendant avoir capturé le pont Nord et être sur le point de capturer celui du centre. Rien de prouvé cependant.
o Popasna : Les Russes continuent d’attaquer à l’ouest de la ville de Toshkivka pour tenter d’encercler Zolote. De violents combats sont signalés depuis la ville. Les forces russes ont attaqué les positions ukrainiennes à Vrubivka, Berestove et Yakolivka. Toutes les attaques ont été repoussées. Les forces russes poursuivent leurs attaques dans la région de Vidrodzhennya et Roty. L’autoroute M-03 est désormais coupée et les Russes avancent en direction de Vershyna.
- Donestk : Bombardements : Antonivka, Novomykhailivka, Marinka, Pisky, Avdiivka, Niu-York
- Zoporijia : Bombardements : Orikhiv, Huliaipole
- Kherson : La ville clé de Snihurivka paraît aujourd’hui contestée. Les forces russes auraient commencé à construire des tranchées dans la région d’Ishchenka et à proximité de Bezvodne. Les troupes ukrainiennes ont pris pour cible un dépôt de munitions russe à Nova Kakhovka.
Bombardements : Lupareve, Shevchenkove, Posad-Pokrovske, Lepetykha, Kobzartsi, Nova Kakhovka.
Occident :
- UE : Le président de la Roumanie Klaus Iohannis arrive également à Kyiv aujourd’hui.
L’UE, Israël et l’Égypte signent un accord pour les exportations de gaz vers l’Europe.
L’UE, Israël et l’Égypte ont signé un accord trilatéral sur le gaz naturel au Caire le 15 juin alors que l’Europe cherche des alternatives au gaz russe. L’approvisionnement en gaz sera acheminé via l’infrastructure d’exportation de GNL égyptienne.
- France :
- Pologne
- OTAN :
- USA : 2 Américains combattant pour l’Ukraine pourraient avoir été capturés par la Russie. Deux ressortissants américains combattant aux côtés des forces ukrainiennes au nord de Kharkiv sont portés disparus depuis près d’une semaine.
Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, annonce un nouveau programme d’aide militaire américaine d’un milliard de dollars pour l’Ukraine, qui comprend
• 18 obusiers
• 36 000 cartouches d’obusier
• Munitions HIMAR
• 2 systèmes de défense côtière Harpoon
Pas de changement.
J’ai suffisamment ronchonné contre la non-venue du président en Ukraine pour ne pas apprécier qu’il y aille aujourd’hui. Évidemment y aller pendant l’entre-deux-tours de législatives où la majorité présidentielle semble en difficulté va prêter le flanc à la critique et donc gêner l’objectif diplomatique de ce voyage. Et, en soi, c’est déjà un problème.
o Izium :




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