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Fred Orain

Chroniques politiques, Ukraine et vie publique à Blois

Ukraine

Jour 82 : « L’heure du choix »

Sécuriser la frontière, prendre Voltchansk pour asphyxier la logistique russe, ou porter le combat jusqu’à Belgorod : trois options s’offrent au commandement ukrainien, aux risques très inégaux.

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Après le retrait des forces russes des environs de Kharkiv le commandement ukrainien est confronté à un choix stratégique décisif pour la suite des évènements. Trois solutions s’offrent à eux.

  • La première c’est de terminer la reconquête jusqu’à la frontière, prendre Vesele et Kozacha Lopan et sécuriser totalement la frontière au Nord et à l’Est le long de Donets. C’est l’option la moins coûteuse en hommes, en matériel et en capitaux. Mais cela veut dire que l’Ukraine abandonne au moins temporairement la partie Est de l’Oblast de Kharkiv aux Russes.
  • La seconde consiste justement à déborder à l’Est du Donets et attaquer Voltchansk. Cette ville de 10 000 habitants avant la guerre est le verrou qui permet l’approvisionnement du front par le Nord (donc par la Russie). Sa prise permettrait d’augmenter l’attrition des troupes russes sur le front. La logistique serait complètement déréglée et l’armée russe extrêmement vulnérable. Mais cela demanderait une projection importante de forces ukrainiennes et exposerait à un risque non négligeable de défaite en attaquant à proximité du territoire russe.
  • La troisième option est la plus risquée, elle serait de poursuivre l’effort au Nord et de porter le conflit sur le territoire russe lui-même et la ville de Belgorod. Le symbole serait extrêmement fort mais cette stratégie serait sans doute un mauvais calcul. L’image de l’Ukraine serait dégradée en se transformant en agresseur à son tour. La Russie pourrait utiliser l’argument de voir ses intérêts vitaux menacés et se permettre d’utiliser l’arme nucléaire tactique. À contrario cela pourrait précipiter un effondrement russe ou à ressouder la population russe agressée autour de son chef.

Difficile de choisir donc, mais quelle que soit la décision finale le conflit prendra une nouvelle orientation en fonction de ces choix.

Situation sur le front.

  • Russie : La télévision d’État russe sur la Finlande/la Suède souhaitant rejoindre l’OTAN : « Leur raison officielle est la peur. Mais ils auront plus peur dans l’OTAN. Lorsque des bases de l’OTAN apparaîtront en Suède et en Finlande, la Russie n’aura d’autre choix que de neutraliser le déséquilibre et la nouvelle menace en déployant des armes nucléaires tactiques ».
  • Kyiv : Explosion d’une voiture à Kyiv.
  • Ouest : Andriy Moskalenko, premier adjoint au maire de Lviv, a déclaré qu’une cyberattaque sur le site Web du conseil municipal de Lviv le 13 mai avait entraîné le vol de données et leur publication sur les chaînes Telegram liées à la Russie.
  • Nord : L’armée russe a bombardé les villages de Shypylivka et Shevchenkove dans la région de Soumy avec l’aviation et l’artillerie
  • Kharkiv : Les forces ukrainiennes à la frontière Nord de Kharkiv (pas partout encore mais c’est beau à voir quand même)
  • Autour de Sloviansk : Les troupes russes ont probablement renoncé à « l’objectif d’encerclement à grande échelle des troupes ukrainiennes de Donetsk à Izioum », selon la dernière évaluation du groupe de réflexion américain Institute for the Study of War. L’armée russe a bombardé Ruski Tyshky, Ternova et Petrivka. Tentatives d’actions offensives près de Dovhenke et Bohorodychne près d’Izyum. Seulement 10 % de la région de Louhansk est sous le contrôle de l’Ukraine. Les forces ukrainiennes auraient détruit le pont ferroviaire entre Severodonetsk et Rubizhne. Les défenseurs ukrainiens ont détruit 9 tentatives des envahisseurs russes pour traverser la rivière Siverskyi Donets près de Bilohorivka dans la région de Louhansk. Shandryholove et Derylove au Nord-Ouest de Lyman sont disputées et peut-être sous contrôle russe. Dans la direction de Severodonetsk, l’armée russe avec l’artillerie a mené les hostilités près de Toshkivka et de Borivske. Elle a subi des pertes importantes et s’est retirée.
  • Marioupol : Bombardements aux bombes incendiaires par l’armée russe.
  • Zoporijia, Donetsk : Dans la direction d’Avdiyivka, combats près de Pisky, Novokalynove, troupes russes utilisant des systèmes de lance-flammes lourds. Trois points chauds dans le front sud.

Orikhiv, Huliapole et l’Ouest de Donetsk.

Des rumeurs de soldats russes qui refuseraient de partir au combat et de blessés russes achevés par leur supérieur. Propagande ukrainienne ? Ou pas…

  • Kherson : Un drone ukrainien filme au-dessus du village d’Oleksandrivka récemment libéré (ou de ce qu’il en reste) dans l’oblast de Kherson. L’aviation de combat ukrainienne a détruit un passage au-dessus de la rivière Ingoulets. Bombardement à Mykolaïv et à Kherson ce matin. De plus en plus d’échos de contestations à l’intérieur de la zone contrôlée par les Russes (Mélitopol, Kherson notamment).
  • Crimée : Après que tous les sous-marins de la flotte de la mer Noire aient quitté Sébastopol il y a environ 48 heures, la plupart des navires ont désormais quitté le port. Étrange tactique.
  • Odessa : Bombardements ce matin sur la ville. Le pont sur l’estuaire de Dnistrovsky à niveau ciblé et endommagé. 3 blessés dont un enfant.

Occident :

  • Lada n’appartient plus à Renault. La firme française l’a cédée sans doute pour le rouble symbolique. Cela pourrait paraître être une mauvaise nouvelle. Je pense tout le contraire. Cette marque perd de l’argent chaque jour et ne pourra pas reprendre sa production pendant le conflit. Renault pourra la reprendre dans un délai de 6 ans. Espérons que la guerre soit terminée et que la Russie ait un autre visage d’ici là. Les investisseurs français depuis le début du XXème siècle n’ont pas vraiment de chance en Russie. À force de négliger le contexte géopolitique on se rate souvent.

Carte empruntée à Michel Goya sur le rapport de force entre les troupes russes et Ukrainiennes.

La situation à Kharkiv. L’heure du choix.

  • La seconde consiste justement à déborder à l’Est du Donets et attaquer Voltchansk. Cette ville de 10 000 habitants avant la guerre est le verrou qui permet l’approvisionnement du front par le Nord (donc par la Russie). Sa prise permettrait d’augmenter l’attrition des troupes russes sur le front. La logistique serait complètement déréglée et l’armée russe extrêmement vulnérable. Mais cela demanderait une projection importante de forces ukrainiennes et exposerait à un risque non négligeable de défaite en attaquant à proximité du territoire russe.

Bombardement aux bombes incendiaires sur l’usine Azovstal de Marioupol

Création et extension de l’OTAN. À la demande des pays qui adhèrent et à l’unanimité de ceux déjà présents.

L’intégration de la Suède et de la Finlande change la donne en Europe du Nord et de l’Est.

c’est surtout la Finlande qui est exposée à l’armée russe (qu’elle a déjà combattue en 1940 dans une guerre qui ressemble beaucoup à celle menée en Ukraine).

Les forces russes ont perdu au moins une brigade complète.

La carte britannique de la guerre en Ukraine. À noter les contestations à l’intérieur des zones russes comme à l’Est de Mélitopol.

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