A Kharkiv, la bataille s’intensifie encore.
Après deux échecs de prise par les chars, l'armée russe bombarde Kharkiv sans distinguer les quartiers civils. Vers Kiev, une colonne de 2 400 véhicules progresse et les habitants ne peuvent plus fuir que par le sud.

A Kharkiv, la bataille s’intensifie encore. La stratégie de bombardements massifs et non ciblés semble s’accentuer. Des édifices importants ont été ciblés (palais de région, école militaire) mais aussi des quartiers purement civils avec des bombes à fragmentation. C’est une réponse aux deux précédents échecs de prise de la ville par les chars et l’infanterie. On risque un carnage mais Kharkiv tient.
A Kiev la situation est très inquiétante. Une gigantesque colonne (2400 véhicules) poursuit sa progression vers la ville. Une tentative de couper l’axe Kiev-Zhytomyr a échoué mais les populations civiles ne peuvent s’enfuir que par le sud désormais. Certains journalistes ont décidé de quitter Kiev (comme Loup Bureau) à raison, la situation s’aggrave. Les informations vont donc être plus parcellaires. D’autres vont rester comme Charles Villa, Stéphane Siohan ou Camille Courcy. J’en connais certains, je tremble pour eux. Les consignes données par le gouvernement français font grincer des dents. Notamment sur le fait de ne pas pouvoir être évacué en sécurité avant le franchissement de la frontière.
Bucha puis Irpin devraient sans doute tomber rapidement. Les forces russes tenteront de couper l’accès à l’Ouest de la ville dans la journée ou cette nuit. Pour prendre en tenaille la ville les forces biélorusses ont décidé finalement de franchir la frontière vers Chernihiv. C’est un choix audacieux (ou stupide) quand on connaît le terrain. Un seul axe entouré de zones boisées et marécageuses. Le harcèlement de la guérilla ukrainienne risque d’être fort. L’objectif est de prendre Chernihiv pour attaquer Kiev par l’Est. Ce front est renforcé par deux autres colonnes venant de baturyn (Est de kiev) qui ont décidé de contourner les villes pour aller le plus vite sur Kiev. Stratégie audacieuse là aussi puisqu’ils peuvent facilement se faire prendre à revers.
On peut supposer des opérations aéroportées pour couper l’axe Sud plus tard. C’est l’axe « sécurisé » pour fuir la ville. Moscou a appelé tous les civils à fuir par cette route. Préalable sans doute à un bombardement massif de la ville par missiles ou avions (si la suprématie des airs est confirmée pour les forces russes). Les infos sont contradictoires à ce sujet.
Au sud, Kherson est tombée ce matin mais les combats continuent. Kherson est la porte vers Mykolaiv et Odessa. Ce verrou doit tenir coûte que coûte. La prise d’Odessa serait catastrophique et entraînerait la liaison entre la Crimée et la Transnistrie. La guerre s’exporterait alors en Moldavie de facto. De l’autre côté de la Crimée la situation est là aussi mauvaise pour les Ukrainiens. Berdiansk est tombée hier (avec des scènes de résistance de la population proprement hallucinantes). Marioupol est encerclée. L’électricité est coupée. J’ai du mal à imaginer la ville pouvoir tenir longtemps. Autre particularité de cette ville, elle est tenue par le très décrié régiment Azov constitué de militaires d’extrême-droite (voire même néo-nazis pour certains). C’est ce régiment qui sert de prétexte au Kremlin pour l’attaque.
Point de situation au 1er Mars à 14h.
- Situation militaire :
Situation diplomatique : l’escalade continue logiquement. Bruno Le Maire déclare que la France va « livrer une guerre économique et financière totale à la Russie et provoquer l’effondrement de l’économie russe » ce qui entraîne en retour les menaces de Medvedev d’une guerre réelle contre nous. Au-delà du choix des mots ne nous trompons pas. Nous sommes déjà en guerre. Et avec nous nos partenaires européens. Comme dans d’autres territoires nous n’intervenons pas directement mais par délégation. Mais nous sommes identifiés comme ennemis de la Russie. L’extension du conflit est déjà une réalité avec l’intervention des forces biélorusses, tchétchènes et kazakhes. Dans le camp occidental des volontaires arrivent en nombre mais on ne s’arrêtera sans doute pas.
Prospectives : La bataille des airs va être décisive. Boris Johnson refuse la création d’une zone d’exclusion militaire par peur d’un conflit direct avec la Russie. Si les airs sont dominés par la Russie les Ukrainiens vont se faire massacrer. Si nous dominons les airs la Russie n’a aucune chance. La décision se jouera là sans doute. Idéalement le « don » de raptor et de drones turcs “Bayraktar” TB2 seraient essentiels à ce niveau. J’espère que c’est déjà le cas et que l’on ne communique juste pas dessus.
Le président Zelensky est intervenu dans un message poignant au parlement européen. Les 27 ont entre leurs mains le choix d’une intégration accélérée de l’Ukraine dans l’UE. Des questions se posent aussi évidemment pour la Moldavie, la Géorgie et les pays de l’ex-Yougoslavie (Kosovo, Macédoine du Nord, Monténégro, Bosnie et même la Serbie (plutôt pro-russe habituellement) et l’Albanie.
Ne craignons pas de fâcher la Russie, elle l’est déjà.
EDIT : Le parlement européen vient d’accepter la candidature de l’Ukraine avec un processus d’adhésion spécial. Il faut maintenant l’accord des 27 états. La Hongrie a déjà signifié son accord (Hongrie pourtant pro-russe souvent). La France est plus sur la réserve. Affaire à suivre de près !




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